02 juillet 2008
Exécutions par injection létale : trente deux ans d’empoisonnement institutionnel.
<p>LA PEINE DE MORT AUX ETATS-UNIS</p>
Pendant longtemps, il fallait souffrir, beaucoup, avant de mourir. Aujourd’hui, c’est l’inverse. La mort doit être « propre » ; sans souffrance ; apparente pour le moins. L’injection létale prétend répondre à cette demande pour les homicides étatiques. Elle évite les conséquences des autres formes d'exécution : l'effusion de sang qui caractérise le peloton d’exécution, la mutilation inhérente à la décapitation, l'odeur de chair brûlée propre à l'électrocution, les désagréments visuels et auditifs indissociables de la chambre à gaz et de la pendaison. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, cette méthode a pratiquement remplacé toutes les autres méthodes d'exécution.
L’exécution par injection létale consiste à administrer dans les veines du condamné des doses massives de trois substances chimiques : du thiopental de sodium, destiné à l’endormir rapidement, du bromure de pancuronium, qui en paralysant les muscles évite les spasmes du mourant, désagréables à regarder, et du chlorure de potassium, qui provoque un arrêt cardiaque.
Des médecins ont fait part de leur préoccupation, car si les dosages de thiopental de sodium ne sont pas correctement calculés, l’effet anesthésiant peut se dissiper avant que le cœur ne s’arrête, faisant courir au condamné le risque d’endurer une douleur atroce lorsque les substances pénètrent dans ses veines et provoquent l’arrêt cardiaque.
C’est pourquoi l'Association des vétérinaires américains a abandonné ces produits pour l’euthanasie des animaux. Au Texas, ces mêmes produits interdits pour les chats et les chiens en raison de la souffrance qu’ils pourraient leur causer, sont employés pour les exécutions humaines.
Aux Etats Unis, depuis 1977, date de l’introduction de la législation relative à l’injection létale, neuf femmes et 924 hommes ont été exécutés de cette façon, certains avec la participation active de médecins, en violation des principes de l'éthique médicale reconnus de longue date.
Début 2008, les neuf juges de la Cour suprême fédérale ont examiné le recours de deux condamnés à mort du Kentucky estimant que l'injection létale, par la douleur extrême qu’elle pourrait infliger, contrevient au 8e amendement de la Constitution américaine réprouvant les châtiments « cruels et inhabituels ». Pendant l'audience, plusieurs juges ont manifesté leur désarroi d'avoir à décider à partir de quel niveau de douleur l’exécution devient anticonstitutionnelle. Finalement, le 16 avril, la Cour a estimé que les procédures suivies pour les exécutions par injection létale étaient conformes à la Constitution. La décision ne concerne que le Kentucky. Dans le pays, le débat continue de faire rage.
Vingt ans après son introduction dans le droit des États-Unis, l'injection létale a été adoptée par le Guatemala, Taiwan, la Thaïlande et la Chine.
L’injection létale peut être utilisée pour exécuter une personne sans endommager ses organes vitaux, ce qui peut faciliter les transplantations par la suite. On dispose de nombreuses informations indiquant que cette pratique existe en Chine, pays où les exécutions sont plus fréquentes que partout ailleurs dans le monde.
Quelle que soit la méthode employée, la peine capitale est un châtiment cruel, inhumain, dégradant et inutile. L’injection létale n’est qu’un artifice destiné à rendre les exécutions des condamnés à mort plus acceptables pour ceux qui sont chargés d'y procéder, pour les gouvernements qui souhaitent se présenter sous un jour «humain» et pour le public au nom duquel ces homicides sont commis.
Amnesty International et l’ACAT-France appellent les dirigeants des pays qui maintiennent ce châtiment à l’abolir et les exhortent à instituer immédiatement un moratoire sur les exécutions comme les y engage la résolution 62/149 votée à une très large majorité par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 18 décembre 2007.
Amnesty International Section Française
76
Boulevard de la Villette 75019 Paris
Action des chrétiens pour l’abolition de
la torture
7
rue Georges-Lardennois 75019 Paris
LA PEINE DE MORT AUX ETATS-UNIS 1976 / 2008 : 32 ans de crime d’Etat !
<p>LA PEINE DE MORT AUX ETATS-UNIS</p>
Aux USA, en 1972, la Cour suprême fédérale déclarait inconstitutionnelles les lois des États sur la peine de mort, au motif qu’elles étaient appliquées de façon «arbitraire et incohérente».
Le 2 juillet 1976, les États ayant modifié leur législation, elle autorisait la reprise des exécutions.
Depuis, plus de 1.100 exécutions ont eu lieu, et le sinistre décompte se poursuit …
L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT - France) et Amnesty International – France organisent pour la 13ème année consécutive, le vendredi 2 juillet 2008, avec le soutien d’autres associations, un Die-in à Paris et dans de nombreuses villes de France, pour dénoncer la pratique persistante de la peine de mort aux Etats-Unis. Cette action est née d’une initiative des abolitionnistes américains. C’est par solidarité et pour soutenir leur action que cet événement a été créé en France.
Aujourd’hui, la majorité des Etats américains qui conservent la peine capitale ont recours à l’injection létale présentée, à tort, comme une méthode d’exécution « humaine ». L’injection létale ne permet pas de résoudre les problèmes inhérents à la peine de mort, tels que le fait qu'il s’agisse d’un châtiment irréversible et arbitraire, son utilisation contre des minorités et la souffrance qu’entraîne toujours une condamnation à mort, indépendamment de la méthode utilisée.
DIE IN
mercredi 2 juillet 2008
18 heures - Place de La Concorde - Paris
Pour que les États-Unis cessent d’appliquer cette peine cruelle, inhumaine, dégradante et inutile et rejoignent les 133 pays qui ont déjà aboli ce châtiment.
Avec le soutien du Collectif Unitaire National « Ensemble, sauvons Mumia Abu-Jamal »
27 février 2008
L'ONU appel a un moratoire sur la peine de mort (Cosimapp _ 23/02/08)
Voici
quelques infos venant du collectif-unitaire:
1-
L'état du New Jersey abolit la peine de mort
2-
Offensive médiatique des adversaires de Mumia Abu-Jamal
3-
Poursuivre la mobilisation
4-
L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES APPELLE A
UN MORATOIRE UNIVERSEL SUR LA PEINE DE MORT
1-
L'état
du New Jersey abolit la peine de mort
La
chambre basse (députés) du New Jersey a adopté,
le 13 décembre, un projet de loi abolissant la peine capitale
par 44 voix pour, 36 contre et aucune abstention. Pour être
promulguée, la loi doit encore être signée par le
Gouverneur de l'Etat, le démocrate Jon S. Corzine.
Abolitionniste de longue date, il devrait parapher le texte dès
cette semaine. Saluons cette décision courageuse en
contradiction avec la
majorité de l'opinion publique
américaine et de cet Etat en particulier encore favorable à
la peine de mort. Rappelons que les exécutions sont suspendues
sur le territoire des Etats-Unis dans l'attente de la décision
de la Cour Suprême qui doit statuer (en juin 2008) sur la
constitutionnalité des mises à mort par injection
létale.
Incontestablement,
le combat pour l'abolition universelle engrange des succès à
l'exemple du moratoire récent décidé par une
commission de l'ONU (l'Assemblée Générale sera
appelée à se prononcer dans quelques jours), mais aussi
aux Etats-Unis comme en atteste la baisse régulière
depuis 2000 du nombre de condamnations à mort.
2-
Offensive
médiatique des adversaires de Mumia Abu-Jamal
Michael
Smerconish, un journaliste radio à l'engagement réactionnaire
connu et reconnu, et Maureen Faulkner, femme du policier assassiné
et pour lequel Mumia a été condamné à
mort, ont coécrit un livre. Son titre « Exécuté
par Mumia » fixe sans détour l'objectif de l'opération
! Si on en doutait, la lecture des premières lignes éclairent
l'ambition des auteurs : « Il s'agit d'un ouvrage qui établit
sans appel la culpabilité d'Abu-Jamal et qui s'élève
contre tous ceux qui lui ont accordé un statut de prisonnier
politique ».
De nombreux médias ont fait de la sortie
du livre un évènement. Tout particulièrement la
NBC qui avait décidé d'y consacrer son émission
grand public « Today Show » sans inviter les soutiens et
la défense de Mumia. Face à l'ampleur de la
protestation et des manifestations, ces derniers, revendiquant le
droit à la parole pour toutes les parties en cause dans
l'affaire, ont a fini par imposer leur présence, notamment
celle de l'avocat de Mumia (Maître Robert R. Bryan) sous la
forme d'une interview diffusée lors de l'émission. Le
journaliste Linn Washington et les soutiens à Mumia,
représentés par Pam Africa et Suzanne Ross, ont
également obtenu la possibilité de s'exprimer
directement ou par l'intermédiaire d'autres médias. Au
final, cette opération orchestrée au moment même
où la justice doit rendre son verdict sur la tenue ou non d'un
nouveau procès, s'est en grande partie retournée contre
ses instigateurs. L'exigence que Mumia puisse
enfin défendre
son innocence et recouvrer la liberté a été
portée à l'oreille de millions d'américains.
3-
Poursuivre
la mobilisation
Ces
bonnes nouvelles (ci-dessus) sont autant d'encouragements à
maintenir la pression permanente à l'encontre des autorités
américaines. En ce sens, le Collectif Unitaire National
appelle les organisations, les collectifs, les élus et les
personnalités engagés dans ce combat à
poursuivre les initiatives de sensibilisation et d'actions. Pour sa
part, le Collectif Unitaire a retenu trois axes d'intervention :
-
une nouvelle campagne nationale de collecte de fonds pour donner à
Mumia les moyens d'assurer sa défense judiciaire
-
la diffusion du livre de Claude Guillaumaud-Pujol « Un homme
libre dans le couloir de la mort », support autour duquel
peuvent être organisées des rencontres-débats et
qui contribue à la solidarité financière
(rappelons que l'auteur a abandonné tous ses droits et que
l'éditeur reverse 50% du prix du livre …
cet argent est intégralement reversé à la
défense de Mumia)
-
un appel de personnalités françaises aux autorités
américaines.
---
COMMUNIQUÉ
DE PRESSE (Collectif unitaire "Sauvons Mumia")
4-
L'ASSEMBLÉE
GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES APPELLE A UN MORATOIRE
UNIVERSEL SUR LA PEINE DE MORT
Le
18 décembre, l'Assemblée générale des
Nations Unies a voté avec une écrasante majorité
une résolution appelant à un moratoire sur
l'application de la peine de mort dans le monde.
« C'est
un moment historique pour tous ceux qui luttent partout dans le monde
en faveur de l'abolition de la peine de mort» a déclaré
Me Liévin N'gondji, Président de la Coalition
congolaise contre la peine de mort (RDC) et membre de la Coalition
mondiale contre la peine de mort. « Grâce à cette
résolution, nous serons en mesure d'interpeller notre
gouvernement sur sa pratique de la peine de mort et d'exiger qu'il
s'engage plus avant en faveur de son abolition ».
Cette
résolution de l'Assemblée générale des
NU, soutenue par 104 États membres, est une indication claire
que la tendance en faveur de l'abolition universelle de la peine de
mort est désormais irréversible. Aujourd'hui 101
gouvernements ont aboli la peine de mort pour tous les crimes ou pour
les crimes ordinaires et 32 autres observent des moratoires de faits
sur les exécutions.
La Coalition mondiale contre la
peine de mort appelle les gouvernements à suivre les
recommandations de cette résolution et à appliquer un
moratoire formel sur les exécutions, en vue de l'abolition de
la peine de mort.
Les pays qui exécutent des condamnés
à mort le feront désormais contre la volonté
exprimée par la majorité des États du monde.
02 juillet 2007
Les 2 & 4 juillet : mobilisation contre la peine de mort aux Etats-Unis …
Ces deux dates sont l’occasion chaque année, en
France notamment, d’une mobilisation unitaire pour exiger des autorités
américaines qu’elles mettent un terme aux assassinats légaux décidés par ses
tribunaux d’Etats ou fédéraux. Depuis le début de cette année, cette politique
barbare s’est traduite par l’exécution de 22 condamnés dont 15 au Texas.
Avec l’exigence que les États-Unis rejoignent le camp des pays abolitionnistes,
participons nombreux aux initiatives, notamment à Paris place de la Concorde
face à l’Ambassade américaine :
* LUNDI 2 JUILLET, triste jour anniversaire du rétablissement (1976) de
la peine de mort aux États-Unis, DIE IN (rassemblement en s’allongeant sur le
sol) organisé à 18h30 par Amnesty, ACAT, ECPM, et avec le soutien de notre
Collectif Unitaire National ;
* MERCREDI 4 JUILLET, jour de la fête nationale des États-Unis,
RASSEMBLEMENT de 18 à 20 heures pour manifester notre soutien à Mumia Abu-Jamal
à l’appel de notre Collectif Unitaire National.
ENSEMBLE,
SAUVONS MUMIA
Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal
43, boulevard de Magenta 75010 Paris
Tél 01 53
38 99 99 - FAX 01 53 38 99 84
01 décembre 2005
Déclaration Universelle des droits de l'Homme et Arrestation de Mumia Abu-Jamal
Le 10 décembre prochain, ce sera la date anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et de l'arrestation de Mumia Abu-Jamal !
Pour l'abolition universelle de la peine de mort et pour la libération :
-du journaliste afro-américain Mumia Abu-Jamal,
-du moine tibétain Tenzin Delek Rinpoche,
-des infirmières bulgares et du médecins palestiniens condamnés à mort en Libye.
A l'appel de : Ensemble Contre la Peine de Mort, association France Tibet, MRAP, Collectif Unitaire de soutien à Mumia Abu-Jamal ...
- A l'issue du rassemblement ce samedi 10 décembre devant l'hôtel de ville de Paris à 14h, une délégation de personnalités et d'élus se rendra à l'ambassade des États-Unis pour protester contre la 1000ème exécution (depuis le rétablissement de la peine capitale dans ce pays) et pour exiger la libération de Mumia Abu-Jamal (www.mumiabujamal.net) / [pour signer la pétition : http://www.mrap.asso.fr/petitions/mumia_abu_jamal/]
- Désormais, le 10 de chaque mois, un rassemblement aura lieu devant l'hôtel de ville de Paris jusqu'à la libération du moine tibétain Tenzin Delek Rinpoche (www.abolition.fr)
- Il y a urgence à signer et à faire signer la pétition pour sauver les 5 infirmières bulgares (Christiana, Valia, nadia, Valentina, Snezhana) et le médecin palestinien (Ashraf Ahmad Jum'a) condamnés à mort en Libye (www.abolition.fr)
- Il y a également urgence à dire stop à la vague sans précédent d'exécutions qui sévit en Iran, notamment à l'encontre des mineurs, des femmes et des homosexuels.
Notre condamnation du crime légalisé ne saurait se limiter à ces seuls situations. Par delà nos engagements spécifiques, nous sommes aux côtés de tous ceux dont la vie est en danger. La peine de mort est antinomique avec les droits humains. C'est la raison pour laquelle nous vous invitons à relever le défi de son abolition universelle.
03 octobre 2005
Journée mondiale contre la peine de mort
Le lundi 10 octobre 2005 sera la journée mondiale contre la peine de mort !
Quelques chiffres pour rafraîchir notre mémoire :
Au 1er février 2005, la répartition entre las pays abolitionistes était la suivante : Plus de la moitié des pays du monde ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Selon les dernières informations receuillis par Amnesty International,
- 84 pays et territoires ont aboli la peine capitale pour tous les crimes;
- 12 pays ont aboli la peine de mort pout tous les crimes sauf les crimesexceptionnels, tels que ceux commis en temps de guerre ;
- 24 pays peuvent être considérés comme abolitionistes de facto : la peine de mort est toujours prévue par leur législation, mais ils n'ont pas procédé à aucune exécution depuis au moins dix ans et semblent avoir pour politique ou pour pratique établie de s'abstenir de toute exécution judiciaire.
Ce sont ainsi 120 pays et territoires qui ont aboli la peine capitale de jure ou de facto.
Par ailleurs, 76 pays maintiennent la peine de mort et appliquent ce châtiment. Cependant le nombre de apys qui procèdent à des exécutions chaque année est nettement inférieur.
N'oubliez pas de vous mobiliser pour la journée mondiale contre la peine de mort le lundi 10 octobre 2005
source : www.amnesty.assos.fr
22 juillet 2005
Peine de mort _ états des lieux pour l'année 2004
Au cours de l'année 2004, plus de 3797 personnes ont été exécutées dans 25 pays et pas moins de 7395 condamnés à mort dans 64 états. (Amnesty International, le 5 avril 2005)
Quelques pays pays seulement ont contribué pour la majorité des exécutions en 2004 (97% des exécutés):
_la Chine avec au moins 3400 personnes (selon certaines sources chinoises, ce chiffre serait plus proche des 10000)
_l'Iran et le Viêt-Nam ont procédé respectivement à pas moins de 159 et 64 exécutions.
_les Etats-Unis on enregistré 59 mises à mort (unchiffre en baisse par rapport à 2003 _65 exécutions )
Tandis que se poursuit les exécutions, l'abolition de la peine de mort gagne du terrain :
5 pays l'ont abolie pour tous les crimes en 2004 : le Bhoutan, la Grèce, Samoa, le Sénégal et la Turquie.
A la fin de l'année, 120 Etats avaient aboli ce châtiment dans les textes et en pratique.
Tout en maintenant la peine de mort dans leur legislation, plusieurs pays ont observé des moratoires sur les exécutions :
Une loi relative à "la suspension de l'application de la peine de mort" est entrée en vigeur en juillet au Tadjikistan, tandis qu'en janvier 2005, le président Askar Akaïev du Kirghizistan annoçait que le moratoire instauré depuis 1998 serait prolongé d'une année. Le Malawi et la Corée du Sud comptaient également parmi les pays ayant adopté des moratoires sur les exécutions.
Amnesty International s'est félicité des décisions prises par plusieurs pays d'adopter des dispositions constitutionnelles prohibant la peine capitale. parmi ces pays figurent l'Irlande et le Turkménistan.


