19 juillet 2006
Angela Davis
ANGELA DAVIS
(1944 - ?)
Elle est née le 26 janvier 1944, à Birmingham ,en Alabama à une époque ou le racisme et les troubles politiques faisait rage. Ses parents étaient enseignants , et dès son enfance ,la petite Davis était plongée dans le milieu communiste, et reçoit déjà les influences de ce qui sera ses conceptions politiques ; et ses convictions philosophiques.
En 1960, elle passe deux ans à étudier, à l'Ecole de Francfurt sous la direction de Théodore Adorno. De 1963 à 1964, elle suit des cours à Paris, puis elle rentre dans le Massachusetts à l'université de Brandeo. Après avoir obtenu sa licence en 1965, elle part en Allemagne pour ses études plus approfondies. De nouveau aux Etats Unis en Californie à l'université de San Diego, elle reçoit sa maîtrise en 1968. C'est à cette même année qu' elle devient membre du parti communiste, et des Black Panters. Son investissement dans ses 2 groupements lui valurent d'être surveillé de très près par le gouvernement des Etats Unis.
Accusée de conspiration pour libérer Georges Jackson ,le FBI estimait que Angela Davis avait armé des prisonniers dans la Cours du Conté de Marin. Elle du passé 2 semaines à fuir la police .A cette époque on pouvait voir une pancarte affichée dans de nombreuse maisons, ou on pouvait lire : " Angela notre sœur ,tu es la bienvenu dans cette maison ".
Elle fut finalement découverte par la police dans un hôtel après avoir été accusé de meurtre et de kidnapping et passer 16 mois en prison puis fut acquitté de toutes ses charges .
En 1971 ,ces essais dans lesquels elle détaille sa croyance en la doctrine communiste et ses pensées sur l'oppression raciale sont publiés. Puis convaincu par ses amis, elle écrit son autobiographie et se présente aux élections de 1980 ;sous les couleurs du parti communiste ." Women, Race and class " publié en 1981 devient un classique du féminisme .En 1989 elle publie la première collection de ses discours de 1983 à 1987, intitulé " Women ,Culture and politic ".
De nos jours, Angela Davis continu son combat politique et social. C'est une théoricienne accomplie et cultivée, elle enseigne à l'Université de Californie à Santa Cruz et continue à faire des discours.
source : http://www.beaute-noire.net/portrait/angela_davis.htm
18 juillet 2006
Nelson Mandela
Nelson Rolihlahla Mandela (Rohlilahla signifie "celui qui crée les problèmes" en langue courante Xhosa) est né le 18 juillet 1918 dans la province du Transkei en Afrique du Sud. Son père, Gadla Henry Mphakanyiswa est un conseiller en chef des Xhosa (plus précisément de la tribu des Thembus) qui décède alors que son fils est âgé de 9 ans. Mandela quitte sa région natale en compagnie de sa mère, Nongaphi Nosekeni Mandela. Il va vivre chez Jongitaba Dalyndiebo, régent du peuple Thembu qui s'est proposé de devenir le tuteur du petit Rohlilahla à la mort de son père.
Mandela poursuit ses études au collège de Clarkebury, puis au lycée de Healdtown (il est alors âgé de 19 ans en 1937) qui est à l'époque le plus grand lycée africain en dessous de l'Equateur (plus d'un millier de lycéens garçons et filles). Il est admis à l'université de Fort Hare (qui resta l'unique établissement d'enseignement supérieur pour les Noirs d'Afrique du Sud jusqu'au début des années 60) qui compte 150 étudiants à l'époque et qui est un phare pour les universitaires d'Afrique australe, centrale et de l'Est. Mandela étudie le droit à Fort Hare et manifeste déjà une indépendance d'esprit qui est la marque d'un futur leader.
Au cours de sa seconde année d'études, il est élu membre du conseil représentatif des étudiants (CRE). A la suite des revendications des étudiants, Mandela et le reste du CRE demissionnent. Après la tenue de secondes elections, Mandela n'arrive pas à convaincre ses camarades de continuer le boycott et est le seul membre du CRE à demissioner une seconde fois. Il est convoqué par le directeur qui suspend ses études à Fort Hare, en lui permettant toutefois d'y revenir l'année suivante.
Mandela retourne chez son tuteur. Quelques semaines après son retour, ce dernier lui annonce que son mariage est organisé et que sa future épouse a été trouvée. Ne voulant point subir un mariage forcé, Mandela s'enfuit pour Johannesburg. En compagnie de son cousin Justice, il travaille comme veilleur de nuit dans une mine, puis par l'intermédiaire d'un autre cousin, Garlick Mbekeni qui loge à Johannesurg et à qui il a confié son désir de devenir avocat, Mandela rencontre Walter Sisulu, âgé d'une trentaine d'années et qui dirige une agence immobilière spécialisée dans les propriétés pour africains. Ce dernier le met en relation avec un blanc libéral, Lazar Sidelsky, qui est avocat et possède un cabinet. Sidelsky accepte de prendre Mandela comme stagiaire et parallèlement, ce dernier étudie le soir à l'UNISA (University of South Africa) qui propose des cours par correspondance. Fin 42, Mandela obtient sa licence en droit.
En compagnie de Gaur Radebe, un autre noir africain travaillant dans le cabinet de Sidelsky, Mandela entre en contact pour la première fois avec un mouvement politique appelé ANC, "African National Congress" fondé en 1912. Début 43, Mandela s'inscrit à l'université de Witwatersrand pour préparer un LLB, diplôme menant au métier d'avocat. L'université de Witwatersrand était considérée comme la meilleure université de langue anglaise d'Afrique du Sud (les universités de langue anglaise étaient libérales et acceptaient des Noirs, ce qui n'était pas le cas des universités qui enseignaient en Afrikaans).
Mandela avait rejoint l'ANC à un moment où le mouvement était en crise. Les jeunes membres de l'ANC - parmi lesquels Anton Lembede, William Nkomo, Walter Sisulu, Oliver Tambo, Nelson Mandela, Ashby P Mda- s'étaient opposés à la participation des Noirs sud-africains à la seconde guerre mondiale. La vieille garde, menée par Alfred Batini Xuma était désireuse de ne pas embarrasser le gouvernement de Jan Smuts. Les jeunes de l'ANC désiraient dépoussiérer le parti qui était selon eux devenu le territoire d'une élite fatiguée, non militante et privilégiée. Fin 1943 la proposition de la création d'une ligue des jeunes de l'ANC est adoptée. La ligue des jeunes prone la mobilisation et les actions de masse, prenant en modèle les actions menées par Ghandi (le leader indien, avocat de formation a vécu 20 ans en Afrique du Sud avant de retourner en Inde. Sa philosophie influencera de nombreux membres de l'ANC parmi lesquels Albert John Lutuli, president du parti de 1952 à 1967 et prix Nobel en 1960). En 1945 et 1947, quatre membres de la ligue des jeunes de l'ANC sont élus au Comité National Exécutif de l'ANC (NEC), ce qui renforce le poids de la ligue des jeunes au sein de l'organisation.
Après la seconde guerre mondiale, les élections générales blanches (les noirs n'ayant pas le droit de vote) de 1948 opposent l'United Party alors au pouvoir au National Party qui a publiquement soutenu l'Allemagne néo-nazie (1) pendant la seconde guerre mondiale. La campagne du National Party se concentre sur le "Swart Gevaar" (le "péril noir"). Les nationalistes sont dirigés par Daniel Malan et le programme de celui-ci est connu sous le nom d'Apartheid (terme qui signifie "séparation"). La base de l'apartheid consistait à affirmer que les Blancs étaient supérieurs aux Noirs, aux métis et aux Indiens, et sa fonction devait être de fixer pour toujours la suprématie blanche.
L'apartheid représentait la codification dans un système oppressif de toutes les lois et de tous les règlements qui avaient maintenu les Noirs dans une position inférieure aux Blancs pendant des siècles. Ce qui existait plus ou moins de facto allait être juridiquement entériné. A la suite de la victoire du National Party, plusieurs lois pro-apartheid furent votées : la loi intedisant les mariages mixtes voit le jour en 1949, de même que l'Immorality Act qui rend illégal les relations sexuelles entre Blancs et Non Blancs. Le "Population and Registration Act" classe les sud-africains par "race" en fonction de leurs couleurs.
L'onde de choc creée par la victoire le parti national poussa la vieille garde de l'ANC a accepter le programme d'actions inspiré par la ligue des jeunes (ce programme préconisait d'utiliser le boycott, les grèves, la désobeissance civile et la non-coopération).
Mandela était devenu le président des ligues de jeunesse de l'ANC en 1951 et fit campagne pour l'abolition des lois discriminatoires. Il fut nommé volontaire en chef du mouvement de résistance, "la campagne de défi", que l'ANC mena en 1951-52 en protestation contre les lois racistes du gouvernement pro apartheid. La campagne de défi, organisée de façon conjointe par l'ANC et les politiciens indiens sud-africains progressistes fut un immense succès puisqu'il permis aux effectifs de l'ANC d'atteindre 100 000 membres.
A la suite de son action dans la campagne de défi, Mandela fut arrêté et condamné à une peine de prison avec sursis, puis un peu après la fin de la campagne, il fut confiné à Johannesburg et il lui fut interdit d'assister à des rassemblements publics pendant 6 mois. Ayant quitté l'Université du Witwaterstrand pour résultats insuffisants, Mandela se présenta néanmoins à l'examen du barreau et obtint son diplôme d'avocat pendant cette période. Il créa ensuite en compagnie d'Oliver Tambo le premier cabinet d'avocats noirs de Johannesburg en août 1952 (Tambo et Mandela n'étaient pas les seuls avocats noirs du pays, mais ils étaient les premiers à être associés dans leur propre cabinet).
Durant les années 50, Mandela se battit contre le "Bantu Education Act", contre l'instauration des pass laws (tout sud africain noir devait à partir de 1953 avoir un pass pour justifier son déplacement), contre la politique naissante des Bantoustans (qui consistait à regrouper la population noire dans des aires d'habitation spécifiques), contre l'Extension of University Education Act qui interdisait aux Non-blancs les Universités racialement "ouvertes".
Mandela fut l'un des leaders arrêté en compagnie de Luthuli et de 155 autres personnes lors du procès pour trahison en 1956. Il fut finalement acquitté ainsi que ses co-accusés en 1961. Le procès pour trahison s'était déroulé sur 5 années ce qui influa négativement sur les activités professionnelles de Mandela puisque ce dernier partageait son temps entre son cabinet et la cour où se tenait le procès.
Mandela fut de nouveau arrêté pendant l'état d'urgence qui suivit le massacre de Sharpeville en 1960 (69 personnes furent tuées et plus d'une centaine d'autres blessées par la police à la suite de manifestations pacifiques organisées contre l'existence des pass). Le congrès panafricain, qui avait organisé les manifestations à Sharpeville et l'ANC furent interdits à la suite des événements.
Après Sharpeville, il était devenu évident aux yeux de tous que la résistance non-violente n'était plus tenable. Mandela défendit la création d'une branche militaire au sein de l'ANC. En juin 1961, l'etat major de l'ANC examina la proposition d'utiliser également le sabotage et eventuellement la violence comme mode d'action. La conclusion fut que les membres de l'ANC qui voulaient s'impliquer dans des actions clandestines n'en seraient pas empêchés. Cette décision abouti à la création de Umkhonto we Sizwe encore appelé MK ("le fer de lance de la nation") qui allait devenir la branche armée de l'ANC.
La création d'Umkhonto we Sizwe marquait un tournant dans la politique de l'ANC car l'organisation avait toujours refusé de recourir à la violence et à la lutte armée. Mandela fut l'organisateur d'une grève générale mi-mai 1961 à la suite d'une proposition faite au gouvernement de Pretoria, à savoir organiser une nouvelle constitution prenant en compte tous les sud-africains et basée sur des principes démocratiques. Le gouvernement décida de réagir en effectuant la plus grande mobilisation militaire depuis la 2de guerre mondiale. Mandela (qui était parallèlement à ses activités professionnelles le commandant en chef de MK) devint recherché par les autorités.
Il entra dans la clandestinté, puis voyagea dans le reste de l'Afrique. Sa mission était de chercher de l'aide et de ensibiliser les dirigeants africains à la lutte anti-apartheid en leur expliquant ce qu'était l'ANC (Le PAC, panafrican Congress crée en 1959 par Robert Sobukwe, ancien membre de la ligue de la jeunesse de l'ANC était alors plus connu en Afrique que l'ANC du fait de son panafricanisme affirmé et de sa non mixité raciale; en effet et contrairement à l'ANC qui était ouvert à des personnes de toute origine ethnique, le PAC était un mouvement qui ne pratiquait pas la mixité raciale).
Mandela devait également trouver des possibilités d'entraînement pour les hommes de MK dans divers pays d'Afrique. Il se rendit clandestinement en Ethiopie afin d'assister à la conférence d'Addis Abeba organisée par le Mouvement panafricain de Liberation de l'Afrique Orientale, centrale et australe. Il eu l'occasion de rencontrer en Ethiopie Hailé Selassié. Il se rendit également en Tanzanie, au Maroc, au Senegal, en Angleterre et s'entretint au cours de ses voyages avec Kenneth Kaunda, Julius Nyerere , Sekou Touré et Leopold Sedar Senghor. En Ethiopie, Mandela suivit une formation militaire de 8 semaines, (prévue à l'origine pour 6 mois, mais le retour du chef de MK était attendu du fait de l'intensification de la lutte armée).
(1) Parmi les hommes qui allaient devenir des personnalités influentes du parti national et de l'Afrique du Sud après la seconde guerre mondiale figuraient John Balthazar Voerster, membre de l'organisation terroriste pro-nazie Ossew Brandwag et Henrik Verwoerd, antisémite et pro-nazi convaincu, ce qui ne l'empêchera pas de devenir ministre des affaires étrangères de 1950 à 1958, puis premier ministre de 1958 à 1966
A son retour en Afrique du Sud en 1962, il fut arrêté pour avoir quitté illégallement le pays et avoir incité les ouvriers noirs à faire grève. Il fut condamné à 5 ans de travaux forcés. Puis en 1963, lui et plusieurs dirigeants de l'ANC et de Umkhonto we Sizwe furent arrêtés à la suite de la découverte par la police de documents relatifs à l'existence d'Umkhonto we Sizwe. Mandela et ses compagnons furent accusés de comploter pour renverser le gouvernement de Prétoria par la violence. La déclaration que Mandela fit lors de ce qui allait rester dans l'histoire sous le nom de procès de Rivonia (9 octobre 1963 au 12 juin 1964) reçut une publicité considérable dans la presse locale et dans le monde. Mandela s'exprima pendant 4 heures, expliquant les raisons de son engagement dans l'ANC et la création de la branche armée Umkhonto we Sizwe. Il termina son allocution par la déclaration suivante :
"Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J'espère vivre assez longtemps pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir".
Le 12 juin 1964, Nelson Mandela et et sept autres accusés sont condamnés à la prison à perpétuité. (les 7 autres condamnés sont Walter Sisulu, Ahmed Kathrada, Govan Mbeki, Dennis Goldberg, Raymond Mhlaba, Elias Motsoaledi et Andrew Mlangeni). De 1964 à 1982, Mandela est emprisonné à Robben Island, près de Cape Town. En 1982, il fut transféré à la prison de haute sécurité de de Pollsmoor où il fut maintenu en confinement solitaire pendant 6 années au cours desquelles il fut autorisé à recevoir une visite de 30 minutes par semaine de sa femme Winnie. Lors du décès de sa mère et d'un de ses fils, Mandela ne fut pas autorisé à assister aux enterrements. En 1972, le gouvernement pro-apartheid lui offrit la liberté conditionnelle en lui proposant de reconnaître l'indépendance du Transkei et la politique des Bantoustans, ce qu'il refusa de faire, réaffirmant son allégeance à l'ANC et la fidelité à ses idées. Le gouvernement lui proposa une seconde fois la libération, dans les années 80 à la condition que l'ANC renonce à la lutte armée, proposition qu'il refusa de nouveau.
En 1988, Mandela fut hospitalisé pour cause de tuberculose, puis retourna en prison sous des conditions un peu moins contraignantes. L'aura de Nelson Mandela, de même que son souvenir, entretenus par l'ANC et par femme Winnie, n'avait cessé de grandir. Après plus de 20 années de prison, Nelson Mandela était devenu le plus ancien et le plus célèbre prisonnier politique du monde.
Parallèlement, la situation en Afrique du Sud était devenue intenable pour le régime de Prétoria. La mobilisation de la jeunesse des Townships était apparue dans les années 70 grâce à l'émergence de mouvements comme le "Black Consciouness Movement" de Steve Biko. La résistance à l'apartheid battait son plein à l'intérieur du pays, les manifestations anti-apartheid se multiplaient à l'extérieur (une campagne internationale en faveur de la libération de Nelson Mandela avait été lancée au début des années 80 par Oliver Tambo alors président de l'ANC), les pressions diplomatiques et le boycott international s'intensifiaient, enfin la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin achevèrent d'isoler le régime de Pretoria. FW De Klerk alors président de l'Afrique du Sud se décida à libérer Nelson Mandela afin d'avoir un interlocuteur avec qui négocier.
De Klerk espérait aussi pouvoir tirer parti de la fin de la guerre froide pour négocier en position de force :
"Avec le déclin et l'effondrement du communisme en Europe de l'Est et en Russie les évenements ont pris un nouveau cours. L'ANC était précédemment en Afrique australe un instrument de l'expanionnisme russe ; mais quand cette menace a disparu, l'ANC s'est vu couper l'herbe sous le pied ; sa source de financement, de conseil et de soutien moral s'était écroulée. C'est comme si Dieu avait joué un rôle-un tournant dans l'histoire du monde. Il nous fallait saisir cette occasion".
Le 11 février 1990, Nelson Mandela fut libéré, après 26 années passées de prison. En 1991, il assuma la présidence de l'ANC redevenue légale. Mandela et De Klerk entamèrent alors des négociations.En effet, seul un compromis pouvait éviter une guerre civile désastreuse entre Noirs et Blancs en Afrique du Sud.
Les Extrêmistes blancs craignaient une Afrique du Sud libérée de l'Apartheid alors que parallèlement l'Inkhata, mouvement noir de culture zouloue, dirigée par le chef zoulou Mangosuthu Buthelezi, (descendant du célèbre roi zoulou Cetywayo qui avait vaincu les anglais en 1879) s'opposait à l'ANC, opposition bénie et encouragée par la frange extrêmiste des blancs afrikaaner, voire par le parti au pouvoir lui même, soupçonné de jouer un double jeu (les négociations d'un côté avec l'ANC, l'encouragement des divisions de l'autre afin de pouvoir être en position de force au cours des négociations). Des centaines de partisans de l'ANC et de l'Inkhata furent tués au cours des années 90-91. L'Afrique du Sud semblait alors se diriger vers une guerre civile sanglante et meurtrière qui risquait de faire imploser le pays.
Cependant, après des négociations difficiles pour les deux camps, Mandela et De Klerk signèrent en septembre 1992 un accord créant une assemblée constitutionnelle qui devait rédiger une nouvelle constitution et servir de gouverment de transition. En 1993, Mandela et De Klerk obtinrent conjointement le prix Nobel de la paix. Les premières élections libres d'Afrique du Sud eurent lieu le 27 avril 1994. Le "one man, one vote" de l'ANC l'avait emporté. L'ANC gagna les élections en remportant 62 % des voix. Mandela devint le premier président de la république sud africaine post-apartheid. Le 2 mai, célébrant la victoire de l'ANC en présence de Coretta Scott King, la veuve de Martin Luther King, Nelson Mandela repris les mots du célèbre leader noir américain : "free at last, free at last..."
Mandela fut président de l'Afrique du Sud de 1994 à 1999 avant de passer le flambeau à Thabo Mbeki. Il s'est retiré de la vie politique et vit dans sa région natale, à Qunu dans la province du Transkei. Il est certainement le plus grand homme d'Etat africain du 20è siècle, en tout cas l'africain le plus respecté et admiré du monde.
Citations Nelson Mandela :
> Ce jour était le résultat des incroyables sacrifices de milliers d'hommes et de femmes, de gens dont le courage et les souffrances ne seraient jamais ni comptés ni remboursés. Ce jour là, comme tant d'autres fois, j'ai ressenti que je n'étais que la somme de tous ces patriotes africains disparus avant moi. Cette longue et noble lignée s'achevait et recommençait avec moi. Je souffrais de ne pouvoir les remercier et de savoir qu'ils ne connaitraient jamais le fruit de leur sacrifices.
> Il faudra des années, et peut-être des générations pour guérir les blessures causées par l'apartheid.
> La politique d'apartheid a crée une blessure profonde et durable dans mon pays et dans mon peuple. Il nous faudra des années, et peut-être des générations, pour guérir ce mal terrible. Mais les décennies d'oppression et de brutalité ont eu un autre effet, inattendu celui-là, produit par les Oliver Tambo, les Walter Sisulu, les Luthuli, les Yusuf Dadoo, les Bram Fischer, les Robert Sobukwe de notre temps-des hommes d'un tel courage, d'une telle sagesse, d'une telle générosité qu'on ne verrait jamais leurs semblables. Peut-être faut-il ces abimes d'oppression pour créer une telle grandeur de caractère ? Mon pays est riche en minerais et en pierres précieuses enfouies dans son sol, mais j'ai toujours su que sa plus grande richesse était son peuple, plus fin, plus pur que ses diamants les plus purs.
> En ce qui me concerne, je n'ai jamais regretté mon engagement dans la lutte, et j'ai toujours été prêt à affronter les épreuves qui m'ont touchées personnellement. Mais ma famille a payé mon engagement d'un prix terrible, peut-être trop élevé.(...) Au début, je n'ai pas choisi de placer mon peuple au-dessus de ma famille, mais en essayant de servir mon peuple, j'ai découvert que je ne pouvais plus remplir mes obligations de fils, de frère, de père, de mari.
source : http://www.grioo.com/info339.html
17 juillet 2006
Steve Biko
STEVE BIKO
(1946 - 1977)
Steve Bantu Biko naît le 18 décembre 1946, à King Williams Town en Afrique du Sud.
Très tôt impliqué dans l'activisme politique, il est lycéen à la Roman Catholic Boarding, dans la province du Natal. Il poursuit ensuite des études de médecine à la faculté de médécine de la province du Natal(University of Natal Medical School), dans la section réservée aux noirs, et adhère à un mouvement étudiant (National Union of South African Students). Mais le mouvement est dirigé par des étudiants blancs et ne s'occupe guère des problèmes des étudiants noirs. Biko démissionne en 1969 et crée avec des camarades la SASO (South African Students' Organization), un mouvement étudiant composé uniquement de noirs, qui assiste les communautés noires défavorisées et qui va contribuer au développement d'une nouvelle philosophie pour les masses noires sud-africaines.
La philosophie de Steve Biko appelée "Black Conciousness Movement" (mouvement pour la conscience noire) est que les noirs ne peuvent se libérer politiquement de l'apartheid que s'ils cessent de se sentir inférieurs aux blancs. Sa position, bien que d'inspiration non violente, est plus radicale que celle de l'ANC. Elle lui vaut une attention internationale et est considérée par beaucoup comme l'un des tournants de la lutte anti-apartheid. Biko avait perçu la nécessité de libérer les noirs de l'aliénation à la fois physique et mentale, en restaurant leur dignité et leur identité. Le mouvement qu'il mène prend de l'ampleur dans les années 70 lorsque la lutte de libération semble s'essouffler, et que beaucoup de leaders de l'ANC sont en prison ou en exil. Biko pense que les noirs ne doivent pas compter sur l'aide ou l'assistance des blancs et doivent de ce fait se retirer de tout mouvement incluant des partenariats avec les blancs. Ils doivent se libérer eux même faute de quoi l'idée selon laquelle les noirs ne sont pas capables de prendre eux mêmes leurs propres responsabilités va continuer d'être admise et répandue.
En 1972, Biko est également l'un des fondateurs de la "Black Peoples Convention" qui rassemble alors près de 70 mouvements et associations noires, adhérant à la philosophie de la "conscience noire", y compris certaines (par exemple le South african students' movement) qui joueront un rôle important lors des émeutes de 1976 à Soweto. Biko est le premier président du BPC et est aussitôt exclu de l'université où il étudie la médecine. Il commence alors à travailler à plein temps dans des projets sociaux autour de Durban (cours du soir visant à développer l'éducation dans les quartiers noirs défavorisés…).
Le gouvernement sud-africain prend les premières mesures contre lui en 1973, en restreignant ses mouvements et lui interdit de pendre la parole en public. Il est surveillé et harcelé par la police durant les quatre années qui suivent subissant plusieurs arrestations. Le 18 août 1977, Steve Biko et un de ses amis, Peter Jones sont accusés d'acte de terrorisme, arrêtés par la police, et emmenés pour interrogatoire.
Steve Biko meurt le 12 septembre 1977, après 16 jours de détention sans procès. Inconscient, le militant avait été transporté nu à l'arrière d'une fourgonnette de police sur une distance de plus de 1000 km. Six jours plus tard, cet homme de 30 ans qui jouissait d'une parfaite santé avant son arrestation, décédait des suites d'un traumatisme crânien et de blessures au foie, selon les rapports médicaux de l'époque. Le gouvernement raciste sud africain, qui accusait le mouvement mené par Biko d'abriter de dangereux "anarchistes" préparant un "climat révolutionnaire", finira par bannir le BCP en octobre 1977, un mois après la mort de son leader. Les déclarations du ministre de la justice sud africain, James Kruger, qui affirma que "la mort de Steve Biko ne lui faisait ni chaud ni froid", déclenchèrent un tollé général dans le monde, ce qui conduisit finalement les Nation Unies à prendre des sanctions contre l'Afrique du Sud.
En septembre 1997, cinq policiers qui ont reconnu avoir participé à l'assassinat de Steve Biko comparaissaient devant la commission Vérité et Réconciliation, présidée par Desmond Tutu. Ils admettent avoir frappé le prisonnier avec violence, avoir menti sur la date de sa mort mais gardent la même ligne de défense selon laquelle le décès était accidentel. Parmi les policiers, Gideon Nieuwoudt, qui a déjà reconnu avoir pratiqué la torture, l'enlèvement et l'assassinat de militants anti-apartheid. Un homme dont "la seule évocation du nom provoquait la terreur chez tous les prisonniers ", selon de nombreux témoignages recueillis. En novembre 1977, le magistrat chargé de l'instruction de l'affaire Biko avait déclaré : " à l'évidence, la mort du prisonnier ne peut être attribuée à un acte relevant d'une intention criminelle de la part de ses gardiens. "
Selon l'ANC, la position de Steve Biko se serait assouplie quelque temps avant sa mort, alors qu'il était plus confiant dans le possible triomphe de la cause noire. l'ANC a également révélé que l'arrestation de Steve Biko en 1977 n'avait pas permis la rencontre programmée avec Oliver Tambo, alors président de l'ANC et décédé depuis. Cette perspective de rapprochement inquiétait le régime d'apartheid et a sans doute précipité la mort du jeune leader noir.
25 ans après sa mort, Steve Biko reste un symbole et un des héros les plus incontestés de la lutte contre le régime pro-apartheid au pouvoir jusqu'en 1994. Sa vie a été immortalisée par le film "Cry Freedom" réalisé par Richard Attenborough (avec Denzel Washington dans le rôle de Steve Biko), salué par la critique internationale, et par une chanson du Britannique Peter Gabriel.
Citations Steve Biko :
> Le mouvement de la conscience noire se réfère à l'homme noir et à sa situation, et je pense que l'homme noir est sujet à deux forces dans ce pays. Il est tout d'abord oppressé par une force externe qui s'exerce par l'intermédiaire d'une machinerie institutionnelle, au travers de lois qui l'empêchent de faire certaines choses, au travers de conditions de travail difficiles, à travers une éducation scolaire très faible, toutes choses qui lui sont extérieures. Il est ensuite oppressé (et c'est ce que nous considérons comme le plus important) par une certaine forme d'aliénation qu'il a développée en lui, il se rejette précisément parce qu'il rattache au mot "blanc" à tout ce qui est bon".
> L'arme la plus puissante entre les mains de l'oppresseur est l'esprit de l'opprimé.
source : http://www.grioo.com/info29.html
16 juillet 2006
Che Guevara
Enfant de la petite-bourgeoisie aisée, un père, Ernesto, constructeur civil, une mère, Célia, cultivée, imprégnée de littérature française. Ernesto Guevara de la Serna est né le 14 juin 1928 à Rosario de la Fé, en Argentine. Ce petit-fils d'un chercheur d'or en Californie et descendant du vice-roi du Mexique est celui que l'Histoire retiendra comme "el Che".
Bien né et bien entouré, à deux ans le destin frappe pourtant celui que sa mère appelle Ernestito: l'enfant contracte une pneumonie parce qu'un matin de mai 1930 sa mère le baigne dans les eaux froides d'un rio. L'asthme qui se greffe sur cet épisode va constitué un terrible handicap qui conditionnera sa propre vie et celle de son entourage. Pendant quelque années, dans la recherche d'un climat salvateur, ses parents se font nomades avant de se fixer près de Cordora, à Alta Garcia, au pied de la cordillère des Andes.
Mais l'asthme de l'enfant est particulièrement tenace. De crise en crise, Enernestito dépérit. "Alors perdu pour perdu, il est décidé de le mettre en liberté, tel un oiseau, à qui l'on ouvre la porte de sa cage, le Che en herbe, jusque-là confiné dans l'air de sa chambre, découvre l'extérieur, la nature, racontera plus tard sa sœur Anna-Maria. Comme pour conjurer le destin, le jeune garçon va pratiquer l'exercice physique intense, notamment la nage et le football.
Rapidement, le gamin malingre, jusqu'alors réfugié dans le livres, devient un garçon endurant, au physique solide, qui gambade dans la nature et peut enfin partager les jeux des petits indiens des environs. Et, déjà, à neuf ans, l'inégalité sociale le bouleverse et le hérisse. Les conditions de vie de ses compagnons de jeux sont plus que misérables. Les familles indiennes s'entassent à dix dans une seule pièce et les enfants glissent du papier journal sous leurs maigre hardes pour se prémunir du froid. Enerstito les faits souvent venir chez lui. Nous sommes en 1937. Ernesto père forme un Comité de soutien à la République espagnole. Ernestito, quand à lui, transforme la maison familiale en casa del pueblo ("maison du peuple").
À 14 ans , il décide de jouer au rugby et demande à Aleberto Granado, frère de son camarade de collège Tomas et son aîné de 6 ans, de lui en enseigner les rudiments. Une nouvelle qui catastrophe littéralement ses parents: non seulement cet enfant obstiné décide de conjurer ses déficiences physiques en choisissant un sport violent, mais il faudra désormais l'accompagner aux matchs avec de la ventoline à portée de main en cas de crise d'asthme.
Outre le rugby et la natation, la pelote basque et l'athlétisme, Ernesto aime le tennis et le golf. Quand il ne fait pas de sport , il joue aux échecs, un exercice intellectuel qu'il prisera toute sa vie. À 15 ans, esprit sain dans un corps sain, il rétorque à l'ami Alberto tout juste sorti d'un séjour en prison après avoir participé à une manifestation d'étudiants: "Descendre dans la rue pour me faire tabasser... Moi, si on me donne pas un flingue, je ne marche pas..."
Sportif accompli, l'adolescent Ernesto n'en demeure pas moins ce qu'il a toujours été: un passionné de lecture. Ses intérêts vont de Freud à Kipling, de Baudelaire à Shakespeare de Garcia Lorca à Sophocle. D'une sensibilité à fleur de peau, il écrit très jeune des poèmes et gardera toujours le goût de la poésie, en même temps celui de l'écriture. À 17 ans, il rédige un traité de philosophie inspiré de Voltaire. Vers la même époque, il entame un journal intime qui ne le quittera plus.
Peut-être pour ce soigner, plus probablement pour soulager son prochain, Ernesto décide au début de l'année 1947 de devenir médecin. Même si l'université qu'il préfère est la rue ou les champs où travaillent les paysans, il monte à Buenos Aires poursuivre ses études. bientôt, l'occasion lui est donnée de découvrir la pratique sur le terrain. Alberto Granado, frais diplômé de médecine, à qui le lie maintenant une réelle amitié, lui propose de le rejoindre pendant ses vacances à la léproserie où il travaille, à San Francisco del Chanar, dans la cordillère. L'été 1948, Ernesto bricole un moteur sur son vélo et part rejoindre son ami, à quelques 800 km de la capitale. Un premier voyage qui sonne rétrospectivement comme un prélude.
À 23 ans, Ernesto s'embarque pour un projet plus ambitieux avec Alberto Granado: un voyage de sept mois et de près de 10 000 km en Amérique Latine. Au vrai. les deux amis se sont longtemps interrogés sur leur destination. Ils ont d'abord pensé à la vieille Europe, dont la culture les fascine. Mais les grandes civilisations précolombienne attirent aussi Ernesto comme un aimant, comme la source et le fondement de sa propre culture.
Le 29 décembre 1951, les compères partent de Cordoba, au centre de l'Argentine, sur la Poderosa II (la "Vigoureuse"). Ce voyage à travers le cône sud-américain prend avec le recul une valeur symbolique: il a lieu exactement au moment où s'éteignent les révolutions dites traditionnelles, commencées en 1819, et où sont sur le point d'allumer celles initiées par Fidel Castro. Ernesto tient un journal qu'il publiera sous le titre Notas de viaje, dans lequel il consigne ses observations sur les indiens, les paysans et les ouvriers opprimés.
C'est au cours de ce périple qu'il se politisera et commencera à côtoyer les communistes argentins, influencé par un compagnon de voyage. Il constate également la pauvreté, la faim, la maladie et les conditions à l'intérieur desquelles vit le prolétariat. Bientôt médecin, il repart à nouveau en 1953 pour un long voyage qui le guidera jusqu'au Guatemala. Militante de l'aile gauche péruvienne, Hillda Gadea, sa première femme, l'initiera aux classiques marxistes. Peu de temps auparavant, Guevara pratiquera sa profession, puis il se retrouvera en 1955, membre de la résistance mexicaine qui s'oppose à la dictature mise en place par les États-Unis.
Le destin s'empare d'Ernesto Guevara, lorsqu'il rencontre au cours de la même année, Fidel Castro. Ce dernier a du s'exiler au Mexique avec quelques hommes de sa junte révolutionnaire, la première tentative de renverser la dictature de Batista à Cuba ayant échouée. Évidement, pour comprendre la bataille qu'entreprendra alors Ernesto Guevara jusqu'à la fin de sa vie, il faut d'abord se remémorer le contexte mondial de l'époque. Depuis leur indépendance, de nombreux pays d'Amérique Latine ainsi que Cuba, voyaient défiler au sein de leur gouvernement, des hommes politiques cautionnés par les États-Unis. En Afrique, le processus de décolonisation s'amorçait tranquillement au tournant des années 50 et 60. Toutefois, les anciennes métropoles européennes et les États-Unis tentaient d'y instaurer des gouvernements dorénavant africains, mais avec qui bon leur semblaient... Ainsi, en 1955, Cuba était un élément stratégique au pouvoir des États-Unis, mais aussi le royaume de la corruption américaine par excellence. On y retrouve alcool, jeux et casinos ainsi qu'une prostitution qui défile sans problèmes.
Le peuple lui, tente de subsister dans des structures sociales quasi inexistantes. La première rencontre entre Fidel et le Che dure toute une nuit et scelle le destin du Che. Les deux hommes partagent le même rêve : libérer leurs pays de l'impérialisme nord-américain. Fidel fait part au Che de son projet de débarquement à Cuba avec un groupe de combattants, pour renverser le régime de Batista. Guevara est fasciné par la forte personnalité de Fidel. Celui-ci est séduit par l'intelligence du jeune Argentin. Lorsque Fidel Castro annonce le besoin d'avoir un médecin pour sa nouvelle expédition révolutionnaire dans l'île de Cuba, Ernesto est d'abord sceptique au départ, puis accepte de participer à la folle expédition. La petite troupe s'entraîne au Mexique. Fidel Castro achète un yacht de 12 m, le "Granma", et prévoit de partir avant la fin de l'année 1956. Le 25 novembre, 82 hommes embarquent sur le bateau, conçu pour en transporter 25. La traversée est terrible: la tempête secoue le "Granma", les vivres sont insuffisants. Les guérilleros de Fidel finissent par s'échouer le 2 décembre 1956, deux jours plus tard que prévu, dans un marécage de l'Est de Cuba, à quelques kilomètres de l'endroit prévu. C'est là qu'il devient le CHE, qui est en fait une interjection donnée aux Argentins en Amérique espagnole. Fidel Castro et Ernesto Che Guevera formeront rapidement une solide amitié. Castro étant meneur d'homme et intuitif, le Che symbolisant quant à lui un personnage lucide et dialectique, ensemble ils se complètent. Enfin, le Che est vite le second responsable du commando d'hommes qui entra dans la Sierra Maestra (région du sud de Cuba) aux cotés de Fidel Castro. L'homme prend goût à ce combat qui représente pour lui une première ouverture vers la libération de l'Amérique latine face à la tutelle américaine. Et pendant quatre ans, il organise la guérilla afin que l'assaut final soit définitif, et que la victoire cubaine soit un moment exemplaire pour les autres batailles qui se déroulent dans ce monde en bouleversement. Ernesto Guevara devient ainsi, l'un des héros du nouveau pouvoir proclamé le 1er janvier 1959. Il est le cerveau de ce groupe de '"'jeunes barbus aux idées neuves'"' qui a réussi à libérer l'île de l'impérialisme américain. Le Che occupe par la suite les rôles de président de la Banque nationale de Cuba en 1960 et de ministre de l'industrie en 1961.
L'orientation communiste qui se définie de plus en plus dans le pays, est en quelque sorte l'œuvre de l'Argentin. Castro en est le porte-parole. Toutefois, le 3 octobre 1965, surprise... Le Che abandonne ses fonctions dans une lettre d'adieu au peuple cubain. Homme d'action, il explique que '"'sa tâche révolutionnaire est terminée'"' et qu'il part '"'lutter sur d'autres fronts'"', désirant instaurer le socialisme dans le monde. Puis sa disparition après cette annonce est un mystère. Des rumeurs circulent voulant qu'on l'ait aperçu ici et là aux quatre coins du globe. Les médias prétendent à six reprises qu'Ernesto Che Guevara est mort. On apprendra longtemps plus tard que clandestinement il avait tenté de renverser le président Mobutu établit au Zaïre. Ce plan échouant, il retourne en Amérique Latine et organise la guérilla en Bolivie. Avec 27 hommes il obtient quelques succès initiaux, puis l'armée bolivienne diminue progressivement la marge de manœuvre des guérilleros.
Le 8 octobre 1967, tout près de la ville de Santa Cruz, Guevara est capturé et exécuté par le gouvernement bolivien. La mort du héros de la révolution cubaine, a un retentissement à l'échelle internationale. Cependant, de part le monde, révolutionnaires et contestataires ont fait du " Commandante Che Guevara " le symbole de l'appel à la liberté et à l'anti-impérialisme.
Che Guevara, déjà héros de son vivant, devient un mythe. L'éditeur italien Feltrinelli sort de ses tiroirs un cliché que lui avait offert le photographe cubain Korda. Il en fait une affiche : les yeux de braise sous un béret étoilé, les cheveux au vent, fait le tour du monde. Le nom de Guevara est scandé sur les barricades de mai à Paris. Il est chanté dans toute l'Amérique du Sud. Le Che est un symbole pour toute une génération, en Amérique Latine et dans le monde entier.
Dans les années 80, l'idole est oubliée, les affiches sont décrochées des murs : l'époque n'est plus aux grands idéaux révolutionnaires. 1995 : un ancien officier bolivien affirme que le Che a été enterré près de la piste de l'aéroport de Vallegrande. L'armée bolivienne n'avait jamais voulu révéler le lieu de sépulture du guérillero. Enterré, incinéré? Toutes les hypothèses ont circulé mais le mystère subsiste depuis 18 ans. Des recherches sont entreprises, puis interrompues, faute de résultat.
A la même époque, un certain intérêt pour le Che semble renaître. Plusieurs biographies paraissent, des projets de superproductions cinématographiques sont en cours... Juillet 1997 : des ossements déterrés à Vallegrande sont formellement identifiés comme étant ceux du Che. La découverte de sa dépouille tombe à pic, l'année du 30e anniversaire de sa mort. Les ossements sont solennellement transférés à Cuba, où 1997 a été décrétée " année du guérillero héroïque " et où des célébrations grandioses sont prévues.
En Bolivie, le ministère du tourisme a monté dans le sud-est du pays une sorte de " Guevaratour " qui propose aux touristes de suivre les traces de la dernière guérilla du Che. Chez nous aussi, le Che est partout : les T-shirts à son effigie refleurissent, de nombreux livres sont édités, un disque rassemblant les chansons à sa gloire est vendu à des milliers d'exemplaires, un clip de la fameuse chanson de Carlos Puebla, à la sauce années 90, passe sur les télés, deux documentaires sont sur les écrans...
Le Che est-il devenu, ironie de l'histoire, un produit comme les autres ? Ou l'époque, orpheline de valeurs morales et d'idéaux politiques, a-t-elle besoin de se souvenir d'un homme qui a vécu pour ses idées, sans se compromettre jamais, jusqu'à mourir pour elles, quasiment seul, dans un ravin perdu de Bolivie ?
Citations Che Guevara :
> Soyez réalistes: demandez l'impossible.
> Il faut s'endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse.
> Dans une révolution, on doit triompher ou mourir.
> La vérité d'un jour n'est pas celle de toujours !
> A ceux qui me qualifient d'aventurier, ils ont raison mais je suis un aventurier à part. Je suis un aventurier qui risque sa peau pour faire triompher ses idées.
> La guérilla est la guerre du peuple entier contre l'oppresseur.
> Je dois remplir mon devoir, abandonner ma cape de chevalier errant et prendre n'importe quel engin de combat.
> Seul celui qui est près à quitter son confort pour aller lutter dans un autre pays, mérite le nom de révolutionnaire.
source : http://membres.lycos.fr/guevara
15 juillet 2006
Rosa Parks
ROSA PARKS

Militante pour les droits civiques
1913 - 2005
Rosa Parks est décédée lundi 24 octobre 2005. Celle que l’on surnommait la « mère du mouvement des Droits Civiques », avait initié les combats de défenseurs de la cause noire aux Etats-Unis tels que Martin Luther King ou Malcom X. Elle consacra les dernières années de sa vie à promouvoir la lutte pour les droits civiques auprès des jeunes avec le Rosa and Raymond Parks Institute for Self Development.
L’incarnation du combat anti-ségrégationniste américain non-violent vient de mourir. Rosa Lee Parks s’est éteinte chez elle, ce lundi, à l’âge de 92 ans. Il y a cinquante ans, le destin de cette ancienne couturière, militante de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) et dans une association qui incitait les Noirs à s’inscrire sur les listes électorales, prenait un tournant qui allait la lier à celui de toute la communauté afro-américaine. Montgomery, ville d’Alabama, un des états les plus racistes des Etats-Unis, scène inhabituelle d’un racisme ordinaire. Rosa refuse de se lever pour laisser la place à un Blanc. « Pourquoi tant de persécutions ? - Je l’ignore, mais la loi est la loi et je vous arrête », tel fut l’échange entre Rosa Parks et les policiers venus l’arrêter dans le bus, ce premier décembre 1955. Inculpée pour « conduite désordonnée », elle devra s’acquitter d’une amende de 14 dollars.
L’arrestation de Rosa Parks conduit Martin Luther King, jeune révérend de 26 ans, à appeler au boycott des bus de la ville. Un appel entendu par toute la communauté. La clientèle noire décide alors de se déplacer uniquement à pied, parfois sur des très longues distances, en dépit des intempéries. Des taxis conduits par des Noirs se proposèrent comme substitut, mais ils furent rapidement déclarés hors la loi. Avant ce premier décembre, en payant le même prix qu’un passager blanc, les Noirs devaient s’asseoir à l’arrière du bus aux places « colored » [1] réservées aux personnes de couleur ; céder sans condition leur place en cas d’affluence et ne devaient jamais prendre place devant ou à côté d’un Blanc, même dans l’espace réservé. Le boycott dura 381 jours, compte tenu de l’importante clientèle noire, 75 % de l’ensemble, il représenta un manque à gagner considérable. Il pris fin le 20 décembre 1956, date à laquelle fut appliqué l’amendement du 13 novembre 1956 de la Cours Suprême des Etats-Unis, déclarant anticonstitutionnelle la ségrégation dans les bus de Montgomery.
« Un acte grandiose »
Parce qu’elle était moralement épuisée par une vie sous le joug de la ségrégation raciale, assise à sa place dûment payée, l’Afro-américaine de 42 ans refusa, en dépit de la loi, de céder sa place à un Blanc. L’acte de naissance de la lutte pour l’égalité des droits civiques entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis était signé. “ On a souvent dit que j’avais refusé de céder ma place ce jour-là parce que j’étais trop fatiguée, peut-on lire dans son autobiographie, mais ça n’est pas exact. Je n’éprouvais pas un sentiment de fatigue physique, ou du moins pas plus qu’à l’accoutumée après le travail. Ma fatigue était plutôt morale. J’en avais assez de toujours suivre sans protester les ordres des Blancs. ” L’histoire a souvent rapporté que la fatigue de Parks avait motivé ce refus. Une manière de ternir le mythe, de réduire le soulèvement national des Noirs des Etats-Unis pour l’égalité des droits civiques à un simple concours de circonstances ? « A l’époque, j’ai très vite compris que ce geste n’était pas fortuit. Il a attiré mon attention sur les combats des Afro-américains et des Africains des Caraïbes », a déclaré, contactée par Afrik, Christiane Taubira, députée de Guyane et auteur de la loi 21 mai 2001 (reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’Humanité. « C’est un acte grandiose, d’une étoffe humaine extraordinaire. Il est beaucoup plus mobilisateur que les grands actes faits par les géants ».
« Une grande reconnaissance politique »
Le refus d’obtempérer de Rosa Parks n’était bien évidemment pas le premier depuis le début de la ségrégation raciale. D’autres arrestations avaient eu lieu dans les états ségrégationnistes du Sud, mais il semble que celle de Rosa Parks révéla l’ampleur de la révolte du peuple opprimé. Comme beaucoup d’autres Noirs de l’époque, le couple Parks perdit son emploi. En outre, acculé par les menaces, en 1957, il dû déménager à Détroit, au Nord-Est du pays. Mais le mouvement pour l’égalité des droits civiques était né. Porté par le protestant Martin Luther King et le musulman Malcom X (les deux principaux leaders respectivement assassinés en 1965 et 1968), la lutte aboutit, en 1964, au Civil Rights Acts, soit à l’abolition de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. « Sa pensée était simple et claire, un matériaux précieux pour la lutte populaire. J’ai pour elle une grande reconnaissance politique », confie Christiane Taubira. Icône de la désobéissance civile, Rosa Parks a donné son nom à de nombreux lieux publics des Etats-Unis
Rosa Parks dans un bus à MontGomery, Alabama
Rosa Parks fut arrétée le 1er Décembre 1955
E.D. Nixon et Rosa Parks entrant dans un tribunal en 1955
source : http://www.afrik.com/article8940.html
14 juillet 2006
Frantz Fanon
FRANTZ FANON
(1925 - 1961)
La pensée de Frantz Fanon (1925-1961) a influencé de nombreux intellectuels du tiers-monde. Né le 25 juillet 1925 en Martinique d'un père fonctionnaire aux Douanes et d'une mère commerçante, Frantz Fanon fréquente le lycée Schoelcher où il a comme professeur Aimé Césaire. A la fin du lycée, en 1943, il rejoint les forces françaises libres. Il suit une formation de sous-officier à Bejaia, en Algérie, et participe à la libération de la France. À la fin de la guerre, il est en Allemagne blessé, décoré et démobilisé.
Après un bref séjour en Martinique, il poursuit des études de médecine à la Faculté de Lyon et devient psychiatre.
Dans un de ses essais resté fameux, "Peau noire, masques blancs", paru au début des années 50, il étudie les conséquences humaines du colonialisme et du racisme. Il y dénonce le désir de se blanchir, d'adopter un masque blanc, et son texte constitue, entre autres, une étude psychologique des complexes antillais nés du racisme et de la colonisation. Il fait le portrait de l'homme noir antillais, victime des préjugés de couleur et des complexes d'infériorité qu'il a intériorisés. Il théorise l'aliénation psychotique provoquée par l'oppression coloniale. Il est critique vis-à-vis du concept de négritude développé par Césaire et Senghor, concept qui le laisse sur sa faim car il le considère comme trop réducteur. Ce concept constitue selon Fanon, une nouvelle phase dans le développement de la conscience noire, mais doit rapidement être dépassé. Le danger consistant selon lui, à se laisser enfermer dans l'essentialisme, c'est à dire une identité noire unique et figée :
" Le Noir veut être comme le Blanc. Pour le Noir, il n y a qu'un destin. Et il est blanc. Il y a de cela longtemps, le Noir a admis la supériorité indiscutable du Blanc, et tous ses efforts tendent à réaliser une existence blanche. N'ai je donc pas sur cette terre chose à faire qu'à venger les Noirs du XVIIè siècle ?
(…) Je n'ai pas le droit moi homme de couleur, de rechercher en quoi ma race est supérieure ou inférieure à une autre race.
Je n'ai pas le droit, moi homme de couleur, de me préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de l'ancien maître.
Je n'ai ni le droit ni le devoir de d'exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. (…)
Vais je demander à l'homme blanc d'aujourd'hui d'être responsable de tous les négriers du XVIIè siècle ? (…)
Ne voulant pas faire figure de parent pauvre, de fils adoptif, de rejeton bâtard, le noir va t-il tenter de découvrir fébrilement une civilisation nègre ? Que surtout l'on nous comprenne. Nous sommes convaincus qu'il y aurait un grand intérêt à entrer en contact avec une littérature ou une architecture nègres du IIIè siècle avant jésus-christ. Nous serions très heureux de savoir qu'il exista une correspondance entre tel philosophe nègre et Platon. Mais nous ne voyons absolument pas ce que ça pourrait changer dans la situation des petits gamins de huit ans qui travaillent dans les champs de canne en Martinique… "
Après un bref séjour comme psychiatre en Normandie, Frantz Fanon arrive en Algérie, à l'hôpital psychiatrique de Blida, joyau du système hospitalier colonial. Fanon et ses collègues y critiquent les conclusions de l'école d'Alger qui décrivaient les Algériens comme des êtres incapables d'exprimer une vie intérieure, de se projeter dans l'avenir, et qui étaient par essence crédules, menteurs et voleurs. C'est à Blida que Fanon prend contact avec les nationalistes algériens. En février 1955 paraît dans " Esprit " un article dans lequel il souligne l'écart entre l'engagement révolutionnaire africain et l'assimilation des antillais. Il participe au Congrès des écrivains et artistes noirs où sa présentation s'intitule " racisme et culture ". Mais bientôt il éprouve des contradictions entre son travail de psychiatre et son engagement militant. En 1956, il envoie sa lettre de démission au ministre-résident , Robert Lacoste, proclamant que comme psychiatre, il ne peut renvoyer ses patients dans une société qui fondamentalement les aliène et les déshumanise. Fanon est expulsé par les autorités coloniales en janvier 1957...
C'est presque naturellement qu'il est contacté par le Front de Libération Nationale algérienne, avec lequel il va collaborer
jusqu'à sa mort, devenant le représentant de l'Algérie en guerre à l'étranger. Observateur soucieux des premières indépendances africaines, il prônera sans relâche la solidarité et l'unité africaine : " Chaque Africain doit se sentir engagé concrètement, et doit pouvoir répondre physiquement à l'appel de tel ou tel territoire… Il importe de ne pas isoler le combat national du combat africain. " Durant l'été 58, Fanon est grièvement blessé par une mine placée en dessous de sa voiture. Il part à Rome en convalescence et échappe de peu à un attentat organisé par la Main Rouge (une organisation terroriste fasciste), et rencontre Sartre et Simone de Beauvoir. En décembre 1958, il est membre de la délégation algérienne au Congrès panafricain d'Accra. Fin 1960, Fanon reçoit la confirmation du diagnostic de leucémie dont il est atteint depuis quelques mois déjà.
Il se met à la rédaction d'un livre qui se veut le manifeste des colonisés, qui connaîtra un succès planétaire, et deviendra le livre de chevet de toute une génération. Ce sera "les Damnés de la terre", écrit de mai à octobre 1961. Il accepte de se faire soigner aux Etats-Unis et part pour l'hôpital de Bethesba à Washington. Sartre a accepté de préfacer son livre, Fanon en est très heureux. Son éditeur François Maspéro lui envoie un exemplaire de son livre fin novembre 1961. Il décède le 6 décembre, à l'âge de 36 ans. Le 12, il est enterré comme il l'avait souhaité en terre algérienne. Depuis 1965, sa tombe est au cimetière d'Ain Kerma en Algérie.
> Le colon fait l'Histoire et sait qu'il la fait. Et parce qu'il se réfère constamment à l'histoire de sa métropole, il indique en clair qu'il est le prolongement de cette métropole. L'histoire qu'il écrit n'est donc pas l'histoire du pays qu'il dépouille mais l'histoire de sa nation en ce qu'elle écume, viole et affame. L'immobilité à laquelle est condamné le colonisé ne peut être remise en question que si le colonisé décide de mettre un terme à l'histoire de la colonisation, à l'histoire du pillage, pour faire exister l'histoire de la nation, l'histoire de la décolonisation. .
> Nous pensons que la lutte organisée et consciente entreprise par un peuple colonisé pour rétablir la souveraineté de la nation constitue la manifestation la plus pleinement culturelle qui soit. Ce n'est pas uniquement le succès de la lutte qui donne par la suite validité et vigueur à la culture, il n'y a pas mise en hibernation de la culture pendant le combat.
> Les compagnies privées, pour investir dans les pays indépendants, exigent des conditions qui se révèlent à l'expérience inacceptables ou irréalisables. Fidèles au principe de rentabilité immédiate qui est le leur dès qu'ils vont "outre-mer", les capitalistes se montrent réticents à l'égard de tout investissement à long terme. (...)
> En fait la méfiance des groupes financiers occidentaux s'explique par leur souci de ne prendre aucun risque. Aussi exigent-ils une stabilité politique et un climat social serein qu'il est impossible d'obtenir si l'on tient compte de la situation lamentable de la population globale au lendemain de l'indépendance. Alors, à la recherche de cette garantie que ne peut assurer l'ancienne colonie, ils exigent le maintien de leur garnisons ou l'entrée du jeune état dans des pactes économiques ou militaires. Les compagnies privées font pression sur leur propre gouvernement pour qu'au moins les bases militaires soient installées dans ces pays avec pour mission d'assurer la protection de leurs intérêts.
> Pour le colonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon.
> Le peuple européen qui torture est un peuple déchu, traître à son histoire. Le peuple sous-développé qui torture assure sa nature, fait son travail de sous-développé.
> (Il faut) faire comprendre aux gens que nous n'avons plus le droit de mettre tous les problèmes des sous-développés sur le dos de la colonisation. Il n'est plus permis à un pays comme le Maroc de continuer à torturer. Un enfant qui ne va pas à l'école est une torture. Quelqu'un qui meure dans une embarcation en Méditerranée [cherchant à rejoindre le continent européen] est une torture. Un chômeur est une torture. Quand je vois toute cette misère dans les rues aujourd'hui, c'est une torture pour moi. C'est le drame du XXIe siècle.
source : http://www.amadoo.com/article.php?ama_prefix=&aid=774
13 juillet 2006
Gandhi
GANDHI
(1869 - 1948)
Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar dans l'état du Gujarat. Il est issu de la caste des Vayshia et sa famille est relativement aisée. Enfant, sa mère lui inculque les valeurs hindouistes mais il apprend aussi à connaître les autres religions et la tolérance à leur égard. C'est sans doute pendant cette période que se forgent les convictions morales de Gandhi.
Conformément aux coutumes de sa caste, sa famille le marie à 14 ans avec Kasturbai qui restera son épouse toute sa vie. En grandissant Gandhi devient convaincu qu'il ne sera quelqu'un qu'en rompant avec les coutumes de l'Inde et en copiant le style de vie des anglais. C'est donc logiquement qu'il s'embarque pour l'Angleterre en 1888 en laissant femme et enfant pour y faire ses études de droit.
C'est paradoxalement à Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme, notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément. Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet et fait la connaissance des théosophes anglais.
Après trois années en Angleterre et son diplôme d'avocat en poche, Gandhi rentre en Inde. Malheureusement sa vie professionnelle s'enlise et il reste tiraillé entre ses racines hindoues et son attirance pour la bourgeoisie occidentale. En 1893 une entreprise indienne lui propose de se rendre en Afrique du Sud pour y défendre ses intérêts lors d'un procès. Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant de sa vie.
Dès son arrivée là-bas il est confronté à la discrimination raciale. Expulsé d'un train il s'aperçoit très vite que les britanniques et le boers dominent sans partage les populations noires et immigrées (à cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud). Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique ne sont pas traités de la même manière suivant la couleur de leur peau.
En 1894, à l'issu du procès, gagné, pour le lequel il était venu, Gandhi décide de lutter contre une loi visant à interdire aux indiens le droit d'élire des représentants à l'assemblée de l'état du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000 personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait surtout réussi à faire prendre conscience aux indiens qu'il fallait s'unir. Devenu populaire, Gandhi décide de poursuivre le combat. En 1896 il va chercher sa femme et ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il travaille comme avocat jusqu'en 1899. La guerre des Boers éclate alors et Gandhi appelle ses compatriotes à soutenir les anglais.
En 1906 une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvall. Elle enjoint les asiatiques à se faire inscrire sur des listes destinées à contrôler de près leurs activités. Gandhi réussit à convaincre 3000 délégués de ne pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est arrêté et incarcéré pendant six mois. En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel il développe les théories du combat par la non-violence : la satyagraha.
Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes et au Général Smuts ce qui lui vaudra d'autres séjours en prison. Finalement, le 30 juin 1914, Smuts et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie des lois raciales. Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique du Sud pour toujours et rentre en Inde.
Il décide, dès son retour, de partir à la découverte de son pays natal. Son périple dure un an à l'issue duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad. Son nom est désormais associé à la lutte contre l'injustice. C'est pourquoi, début 1917, Gandhi se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo exploités sans vergogne par les industriels anglais. Devant les risques d'émeutes, le gouvernement donne satisfaction aux planteurs.
À peine rentré à Ahmedabad, Gandhi soutient un mouvement de grève des ouvriers textiles et utilise, pour la première fois, le jeûne pour faire pression sur les patrons et pour marquer son entière solidarité avec les grévistes.
À la fin de la première guerre mondiale, pendant laquelle Gandhi avait appelé au soutient de l'effort de guerre, il présente aux britanniques ses premières revendications d'autonomie pour l'Inde. Le 6 avril 1919, pour impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à manifester publiquement dans tout le pays et à cesser toute activité. La manifestation est un énorme succès. Le 13 avril, à Amritsar, la population manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement la satyagraha.
En 1920 il repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès et par les musulmans, il appelle à la non coopération avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu. Pendant l'un d'eux 22 policiers sont lynchés par la foule. Le Mahatma, comme on l'appelle désormais, décide de mettre fin à toute action.
Il est cependant arrêté puis condamné à 6 ans de prison. Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement va sensiblement s'essouffler.
À sa sortie de prison Gandhi appelle à la cohésion nationale et il réclame l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelle affectueusement les harijans ("enfants de Dieu"). Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour qu'ils puissent entrer dans les temples.
Au début des années 30, Gandhi a retrouvé toute sa fougue. Il bénéficie d'une influence considérable. À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le 12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre : la marche du sel. Son objectif est de dénoncer le monopole anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce qu'il commence la désobéissance civile. Il est de nouveau arrêté.
En janvier 1931 le Vice-Roi Lord Irving le fait libérer. Il échange la libération des prisonniers politiques et la fin des lois sur le sel contre la fin de la désobéissance civile et la participation de Gandhi à une conférence organisée à Londres. Celui-ci accepte et en profite pour visiter l'Europe. Cette table ronde ne sera suivie d'aucun changement notable sur la politique indienne d'autant que Churchill arrive au pouvoir avec l'intention d'écraser le Parti du Congrès. Des milliers de militants sont bientôt arrêtés.
En août 1932 Gandhi est jeté en prison. Les dissensions entre les communautés s'aggravent et les droits des intouchables sont menacés. Le 20 septembre le Mahatma entreprend une nouvelle grève de la faim. Le gouvernement britannique plie devant la menace de la mort de Gandhi devenu très populaire en Europe.
En 1934 Gandhi se retire de la politique en tant que telle, préférant la laisser aux jeunes leaders du Congrès dont Nehru. Il continue en revanche de se battre pour la cohésion entre les communautés et pour l'éducation des masses, ce qui lui vaudra l'inimitié des extrémistes hindous. Cette année là, Gandhi échappe à la première des cinq tentatives d'assassinat dont il fera l'objet.
Lors des élections de 1937, le Congrès obtient la majorité écrasante au parlement indien. Dès lors la marche vers l'autonomie et l'indépendance semble inéluctable.
Lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale en 1939, Gandhi refuse de s'engager aux côtés des anglais. Il affirme que seule une Inde indépendante pourrait contribuer à la lutte contre les nazis. En 1942 il lance même son fameux slogan "Quit India". Il enjoint les britanniques à partir au plus vite et relance le mouvement de désobéissance civile. Lui et les dirigeants du Congrès sont arrêtés après que des émeutes aient éclaté. Sa femme Kasturbai meurt lors de sa détention. En 1944 Churchill le fait libérer.
Après la guerre les travaillistes d'Atlee arrivent au pouvoir en Angleterre. Le Premier Ministre est bien décidé à mener le processus d'indépendance à son terme. Lord Mountbatten est nommé Vice-roi avec cette mission. C'est alors que les communautés musulmane et hindoue se déchirent. La Ligue Musulmane de Mohammed Ali Jinnah ne cesse en effet de réclamer la création d'un état indépendant à majorité musulmane.
Gandhi, lui, reste attaché plus que tout à l'unité de l'Inde. Jinnah refuse de participer au gouvernement provisoire de Nehru et appelle à une journée d'insurrection le 16 août 1946. Elle se solde par des milliers de morts dont au moins 5000 à Calcutta.
Gandhi use de toute son influence pour éviter la partition mais le 15 août 1947 Lord Mountbatten annonce l'indépendance de deux nouvelles nations : le Pakistan et l'Inde.
On assiste alors à l'exode meurtrier de plusieurs millions de personnes. Les sacs, les meurtres, les règlements de compte en tous genres feront entre un et deux millions de victimes. Épouvanté par la situation, notamment à Calcutta, Gandhi décide de jeûner jusqu'à la mort. Nehru fait alors tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux massacres. Il y parvient d'extrême justesse et Gandhi se nourrit à nouveau. Pourtant la colère des extrémistes n'est pas retombée. Ceux du côté hindou notamment tiennent rigueur à Gandhi de sa trop grande mansuétude à l'égard des musulmans.
Le 30 janvier 1948, l'un d'eux, Nathuram Godse, l'abat à Delhi. "Hé Ram" seront les dernières paroles du Père de la Nation.
Sa mort provoque une émotion internationale. À Delhi plus de deux millions de d'indiens assisteront à ses funérailles nationales.
Aujourd'hui encore l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.
Citations Gandhi : > J'ai pour but l'amitié avec le monde entier. Je peux unir le plus grand amour à la plus ferme opposition au mal. > Le fatalisme a des limites. Nous devons nous en remettre au sort uniquement lorsque nous avons épuisé tous les remèdes. > Nul être humain n'est trop mauvais pour être sauvé. Nul être humain n'est assez parfait pour avoir le droit de tuer celui qu'il considère à tort comme entièrement mauvais. > Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. > Les moyens peuvent être comparés à une graine et la fin à un arbre ; et il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu'entre la graine et l'arbre. > S'abstenir de punir n'est pardon que quand il existe le pouvoir de punir. > Vivre tous simplement pour que tous puissent simplement vivre. > Celui qui veut sacrifier sa vie pour autrui, n'a guère le temps de s'assurer une place au soleil. > Le fatalisme a des limites. Nous devons nous en remettre au sort uniquement lorsque nous avons épuisé tous les remèdes. > C'est dans l'effort que l'on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire. > C'est une erreur de croire nécessairement faux ce qu'on ne comprend pas. > Comment peut-on apprendre à se connaître soi-même ? Par la méditation, jamais, mais bien par l'action. > Celui qui veut servir, ne gaspillera pas une seule pensée pour son confort personnel.
> Celui qui veut servir, ne gaspillera pas une seule pensée pour son confort personnel.
> Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous.




















