21 juin 2006
L'album "#20 ans Tchernobyl"
#20 ans Tchernobyl, l'album est enfin sorti. Sanseverino à réussi, en 3 mois, à s'entourer d'artistes au sonorité musical très différents pour un combat unique en collaboration avec Greepeace et la Fnac chez qui vous pouvez acheter ce cd pour 8,99 euros seulement.
Tracklist :
#01 - Boule et Caillou / Le mouton
#02 - Agnès Bihl / Silence on meurt
#03 - In Vivo / L'épouvantail
#04 - Jeanne Cherhal / Cette ville n'est plus une ville
#05 - Tryö / Co j'ai marre
#06 - Cluster / Herbe amère
#07 - Spoke Orchestra / Tchernobyl, mon amour
#08 - Louis Chedid / Du mauvais côté
#09 - Gustave Parking / Tcherno-bile
#10 - Dernier Pro / Quand la vie n'est plus une excuse
#11 - Renaud / 26 avril
#12 - Sanseverino / La tête dans les mains
#13 - Kana / Nucléaire
http://www.greenpeace.org/france/news/CD-20ans-tchernobyl
26 avril 2006
10 idées reçus sur le nucléaire !
1. "Nous maîtrisons parfaitement notre technologie nucléaire."
Tchernobyl n’est malheureusement pas le seul accident nucléaire. Des incidents de moindre gravité sont survenus dans les pays industrialisés, aux Etats-Unis, au Japon ou en Grande-Bretagne. La France a heureusement échappé à un accident grave, mais l’a frôlé à plusieurs reprises, par exemple : le 12 mai 1998, à peine mis en service, le réacteur de Civaux-1, situé dans la Vienne, un des derniers réacteurs nucléaires construits en France, a perdu son réfrigérant suite à une rupture de canalisation. Nous sommes passés très près d’un autre accident majeur : dans la nuit du 27 au 28 décembre 1999, l’arrêt d’urgence du réacteur de la centrale nucléaire de Blaye en Gironde a été imposé après que tous les systèmes de sécurité aient été inondés, les digues de protection n’ayant pas résisté à la tempête. Lors de la canicule de 2003, c’est la centrale de Golfech qui a pris chaud. Elle a dû être arrêtée en urgence.
2. "Le nucléaire, c'est l'indépendance énergétique de la France."
Pour faire tourner une centrale, il faut de l’uranium naturel. Or la France n’en produit plus et dépend à 100 % des importations, notamment du Niger et du Canada.
Le nucléaire ne couvre en France que 16 % de nos besoins énergétiques, ce qui relativise sérieusement le poids du nucléaire. On a toujours tendance à oublier que le nucléaire ne fournit que de l’électricité. L’atome couvre 80 % de notre production électrique, mais, en dépit des promesses, il ne nous a pas fait économiser une seule goutte de pétrole : un Français en consomme autant que ses voisins européens. Pire, le choix du nucléaire a poussé la promotion du tout électrique qui, dans bien des cas, correspond à un gaspillage inconsidéré d’énergie. La politique énergétique française conduit donc à une double dépendance, nucléaire pour l’électricité (80%) et pétrolière pour les transports (95%), au détriment de la maîtrise et de l’efficacité énergétique.
3. "Le nucléaire est une énergie propre."
Le nucléaire produit des déchets qui s’accumulent sans qu’aucun gouvernement ni aucune institution n’ait identifié une solution fiable permettant de contenir ces déchets, hautement toxiques, pendant des milliers voire des millions d’années. Les électriciens européens et Areva exportent une partie de leurs déchets en Russie, où ils sont prétendument valorisés : seuls 10% d’entre eux reviennent. Le reste semble abandonné définitivement dans des conditions très insalubres.
Toutes les installations nucléaires rejettent de la radioactivité dans l’environnement. Ces pollutions contaminent quotidiennement et durablement les fleuves, les nappes phréatiques, l’air, les océans...
Les seules usines de retraitement d’Areva à La Hague (Manche) et de Sellafield (sa cousine anglaise) constituent le rejet radioactif le plus important au monde résultant d'une activité humaine. Un rapport réalisé en 2001 pour le compte du Parlement européen conclut que ce rejet est équivalent à un accident nucléaire à grande échelle chaque année.
4. "Les déchets nucléaires tiennent dans une piscine olympique."
Pour les seuls déchets nucléaires les plus radioactifs, le site d’enfouissement envisagé par l’Andra*, représentera au minimum 1500 ha, ce qui équivaut à 15.000 piscines olympiques. En dépit de trente ans de recherche et d’investissements colossaux, il n’existe toujours aucune solution scientifique qui permette de gérer en toute sécurité les déchets nucléaires. Il faut préciser que l’industrie nucléaire continue de considérer 96% des combustibles irradiés comme des matières valorisables et non comme des déchets, même si une très faible partie d’entre eux sont effectivement réutilisés.
* Agence nationale des déchets radioactifs
5. "Les problèmes du nucléaire seront vite résolus grâce aux avancées scientifiques."
La technologie nucléaire n’a guère évolué depuis la mise en service du premier réacteur nucléaire dans les années 40. Selon les pro-nucléaires, la séparation des radioéléments les plus dangereux et leur transmutation en produits moins dangereux sont l’objectif ultime de la gestion des déchets. Cette solution aurait juste la capacité de réduire la durée de toxicité des déchets de plusieurs millénaires à quelques siècles! Cependant, selon les propres termes de la Commission nationale de l’énergie (CNE), "la transmutation est un espoir qui repose sur des machines qui n’existe pas à ce jour"... Il faut donc se rendre à l’évidence nous avons les déchets nucléaires sur les bras pour encore très très longtemps.
6. "Le nucléaire est la solution à l’effet de serre."
C’est vrai, le nucléaire, contrairement au pétrole ou au charbon, produit peu de gaz à effet de serre. Seulement, le nucléaire ne représente que 2 % de la consommation finale d’énergie au niveau mondial. Les 440 réacteurs nucléaires en activité dans le monde ne permettent d’économiser que 4 à 6 % des émissions de CO2. Dans le dernier livre de Jancovici et Grandjean, polytechniciens spécialistes des questions énergétiques, pour être à l’échelle du problème climatique, il faudrait construire 8000 réacteurs en cinquante ans !
Ces réacteurs devraient être construits dans tous les pays du monde, même dans les plus instables. Les exemples indiens, israéliens, pakistanais et l’actualité en Corée du Nord et en Iran démontrent qu’à partir du nucléaire civil, on peut toujours développer du nucléaire militaire. Enfin, les réserves d’uranium naturel sont estimées à 70 ans environ au rythme de consommation actuelle. L’adoption par tous les pays industrialisés du soi-disant "modèle" français épuiserait les réserves d’uranium en 10 ans.
7. "Le nucléaire crée des emplois."
L’affectation à l’éolien du coût du futur réacteur nucléaire EPR pourrait générer jusqu’à 2,3 fois plus d’électricité et 5 fois plus d’emplois. Pour info, les énergies renouvelables représentent déjà 150.000 emplois en Allemagne contre 18.000 dans le nucléaire ! Le secteur des énergies renouvelables est en plein boum économique, affichant des taux de croissance de plus de 30% en moyenne. La seule application des directives européennes en matière d’énergies renouvelables créerait 75.000 emplois d’ici à 2010.
8 . "Le nucléaire n'est pas une énergie chère pour le citoyen français."
EDF et le gouvernement ont toujours affirmé que le coût de l’électricité nucléaire était très bas. Ce mensonge est possible quand on oublie les énormes subventions reçues par la production électronucléaire depuis ses premières heures et quand on omet de comptabiliser le coût de la sécurisation des transports de matières nucléaires, la gestion des déchets pendant des milliers d’années, le financement du démantèlement pendant des décennies... Ce sont nos enfants qui devront payer et gérer un problème que nous avons créé. La Cour des comptes, peu suspecte de radicalisme écologiste, a pointé du doigt à plusieurs reprises cette incohérence de la comptabilité de l’entreprise publique EDF. On est donc moins surpris de constater que, dans un contexte de privatisation rampante, on parle déjà d’une augmentation du coût de l’électricité.
9. "Le nucléaire civil n’a rien à voir avec le nucléaire militaire."
"Il existe toujours un lien entre les deux (civil et militaire), car le combustible idéal pour faire des bombes, c'est le plutonium. C'est-à-dire le résidu du fonctionnement d'une centrale." Georges Charpak, pro-nucléaire, prix Nobel de physique.
Le modèle nucléaire que promeut Areva dans le monde entier (des centrales nucléaires de type EPR chargées avec du combustible mélangeant uranium et plutonium) produit chaque année sur le seul territoire français près de 10 tonnes de plutonium, soit l’équivalent d’environ 1400 bombes atomiques de type Nagasaki ! Dans l’actualité, le problème du nucléaire iranien est omniprésent. Sachez que la France, en 1974, ira jusqu’à faire entrer l’Iran du Shah à hauteur de 10% dans le capital d’Eurodif, l’usine "civile" d’enrichissement d’uranium en vallée du Rhône, en échange d’une garantie de disposer de 10% de sa production pétrolière ! Et l’on ose encore prétendre que le nucléaire est une énergie propre...
10. "Sans le nucléaire, nous retournerons à la bougie."
Tout est dit ! Une grande majorité des Français se dit contre le nucléaire, mais ne voit pas comment on pourrait s’en passer. Aujourd’hui, économiser notre électricité, sans que cela ait la moindre répercussion sur notre qualité de vie et notre développement économique, nous permettrait de diviser par deux notre consommation d’électricité (éteindre les veilleuses des appareils électroniques notamment audiovisuels, utiliser des ampoules basse consommation, opter pour l’électroménager catégorie A, mieux isoler nos bâtiments...). C’est ce que l’on appelle l’efficacité énergétique. Les énergies renouvelables permettraient alors de répondre largement à la demande. À l’horizon de 2010, la production d’électricité d’origine renouvelable devra atteindre 21% en Europe selon la directive européenne. Pour la France, le défi consiste à passer de 15% à 21%.
Pour tout savoir sur l‘efficacité énergétique et prendre connaissance des solutions pratiques à adopter : www.regimekilowatt.fr
source : Greenpeace
25 avril 2006
Et en France ?
A quand la clim' pour les centrales ?
"Tchernobyl n’est pas pensable chez nous" : déclaration de Pierre Pellerin, directeur du SCPRI (service central de protection contre les rayonnements ionisants), au journal de TF1 le 10 mai 86.
Quelques semaines à peine après l’accident nucléaire de Tchernobyl, en Pologne, en Yougoslavie, en Allemagne, en Autriche, en Italie… des milliers de personnes manifestent contre le nucléaire.
L’industrie de l’atome se voit alors dans l’obligation de rassurer les populations, car les enjeux économiques sont colossaux.
Leur "recette" est simple et perdure encore aujourd’hui :
a. justifier cet accident comme une suite d’erreurs humaines et non de problèmes techniques ;
b. mettre en œuvre un changement sémantique : Tchernobyl n’est pas un accident nucléaire mais un accident soviétique
c. employer plein de mots techniques totalement incompréhensibles par le grand public pour démontrer que nos centrales n’ont rien à voir techniquement avec les centrales russes ;
d. insister sur le fait que les Soviétiques sont quand même beaucoup moins soucieux que les Occidentaux des questions de sécurité, voire très en retard sur toutes les nouvelles technologies.
Et ça marche… la plupart des Français se laissant bercer par les propos rassurants de la propagande de l’industrie nucléaire.
Pourtant :
a. Sommes nous à l’abri d’erreurs humaines en France ?
Les trois quarts des incidents nucléaires en France sont dus à des négligences et à des oublis. Par exemple, le dernier, qui remonte au 3 mars 2006 : un opérateur a posé un livret sur le clavier de commande du système mécanique qui permet de réguler la puissance du réacteur de la centrale de Civeaux dans la Vienne. Pendant une minute et vingt secondes, la puissance thermique maximale autorisée a été dépassée, le réacteur atteignant 101,5 % de celle-ci. L'opérateur, s'étant aperçu de son erreur, a aussitôt fait descendre les grappes, indique-t-on à l'Autorité de sécurité nucléaire (ASN). Dans un courrier adressé au directeur de la centrale, l’ASN évoque un « manque de rigueur » et relève que le clavier de commande n'avait pas été verrouillé. Déjà, le 26 février, dans la même centrale, il avait fallu deux alarmes pour que les opérateurs mettent fin à un dépassement de la puissance.
b. L’accident nucléaire est-il seulement un accident soviétique ?
7 ans avant Tchernobyl, en mars 1979, la centrale américaine de Three Mile Island en mars 1979, a frôlé la catastrophe. Une succession d’erreurs humaines et des défauts de conception ont entraîné la perte de refroidissement du cœur du réacteur qui est alors entré en fusion. Heureusement, l’explosion a été évitée, mais plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été évacuées.
c. N’importe quelle enceinte de confinement occidentale aurait instantanément volé en éclats. Selon Brian Sheron, ex-directeur de la Nuclear Reactor Regulatory Research : "L’énergie de l’explosion dégagée à Tchernobyl a été de l’ordre de 320.000 mégawatts par seconde, soit l’équivalent de 75 tonnes de TNT, c’est-à-dire 50 fois plus que le maximum qu’une enceinte de réacteur à eau pressurisé, (PWR) (38 réacteurs de ce type en France) serait capable de contenir."
d. Selon Georges Charpak, prix Nobel de physique en 1992 : "Nous avons découvert avec stupéfaction que dans les cinq dernières années s’étaient développés des comportements qui conduisent inéluctablement à des accidents comparables à celui qui a ravagé Tchernobyl, tenus secrets et ne faisant donc pas l’objet de débats raisonnables visant à améliorer la sécurité d’un outil incontournable. Il nous semble utile de soumettre à la réflexion nos conclusions sur la stratégie à suivre pour sortir du bourbier dans lequel nous risquons d’être entraînés si le problème de la sécurité n’est pas pris à bras-le-corps par une organisation indépendante sous l’égide des Nations unies. Une organisation qui devra être dotée de moyens de coercition. Méfions-nous par ailleurs des privatisations irresponsables : la sécurité nucléaire est incompatible avec l’obsession de produire le kilowattheure le moins cher possible."
Le Nouvel Observateur du 29/09/05
* Fizitcheskaïa mysl Rossiï. 2003. Extrait de Tchernobyl, retour sur un désastre de Galia Ackerman.
source : Greenpeace
24 avril 2006
20 ans après
Les habitants de cette région se sont "adaptés" et se nourrissent par exemple des aliments qu’ils cultivent sur place. Ils savent pourtant que cette nourriture peut être contaminée. C’est vrai pour le lait ou la viande, mais aussi par exemple pour les champignons. source : Greenpeace
Trop peu de contrôles sont effectués par les autorités pour déterminer les risques.
Les locaux ne disposent pas de suffisamment d’informations, d’instruments de mesure, ni de médecins et d’infirmières.
160 000 km2 de terres cultivées en Russie, en Biélorussie et en Ukraine sont encore contaminées.
Aujourd’hui, la centrale nucléaire de Tchernobyl est à l’abandon. Le sarcophage qui recouvre le réacteur se fendille de partout.
Résultat, les poussières radioactives encore présentes dans l’enceinte s’échappent vers l’extérieur. Les travaux de construction d’un nouveau sarcophage, financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, devraient démarrer en 2008. Celui-ci resterait hermétique pendant une centaine d’années seulement. Le plutonium 239 a lui une durée de vie 24.390 ans...
23 avril 2006
Les conséquences sanitaires
Makrushina (20 ans) souffre de problèmes à la thyroïde et aux reins. Sa mère, Olga Fedorovna Degcharova, a été soignée pour un cancer de la thyroïde.
L’URSS, dans les premières années, a tout fait pour minimiser la catastrophe de Tchernobyl. Aucun registre n’a été tenu. Un des principaux chercheurs biélorusses dans le domaine de l’étude de l’impact de la radioactivité sur la santé, Iouri Bandajevski, a été emprisonné pendant quatre ans, après avoir démontré que même de faibles doses peuvent entraîner des pathologies non-cancéreuses très graves. Il est, aujourd’hui, toujours en résidence surveillée.
Greenpeace a rassemblé des travaux scientifiques sur les conséquences sanitaires de l’accident de Tchernobyl d'une quinzaine de chercheurs du Japon, d'Europe de l'Ouest, des Etats-Unis, de Russie et d'Ukraine.
Ces travaux tendent à démonter que le nombre de victimes serait de l'ordre de 200.000.
Or, selon l’ONU et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), 56 personnes sont décédées suite à l’accident de Tchernobyl et "4000 personnes pourraient mourir pour avoir été exposées aux radiations après l’accident (...). Le bilan est donc bien en deçà des spéculations antérieures qui parlaient de dizaines de milliers de morts possibles."
Annya est née en 1990 à Zakopytye, un village fortement contaminé par l'accident nucléaire de Chernobyl en 1986. Une tumeur cancéreuse au cerveau diagnostiqué à l'âge de quatre ans a marqué la fin de l'enfance et le début d'une vie de douleur et de maladie pour Annya.
Mais paradoxalement, dans ce même rapport*, on peut lire : "Il est peu probable que l’on connaisse jamais avec précision le nombre réel de morts causés par l’accident."
Cette estimation de 4000 morts est basée sur une population de 500.000 personnes comprenant les liquidateurs et les habitants des zones fortement contaminées. Or, si l’on fait le même calcul en y intégrant toutes les personnes évacuées en 1986 et les habitants des zones moins contaminées (6,5 millions de personnes), on arrive à 9000 décès.
Cet oubli de l’AIEA aboutit à diviser par deux l’estimation. De plus, l’AIEA ignore les pays d’Europe occidentale qui ont pourtant eux aussi été atteints par le nuage radioactif, quoique dans des proportions bien moindres que les pays de l’ex-URSS.
Parallèlement aux cancers, d’autres maladies se sont fortement développées en Ukraine et en Biélorussie. Le nombre de maladies des yeux, du système respiratoire ou cardiaques a plus que doublé dans ces régions.
Une multiplication des cas de leucémie et autres maladies du sang, des affections de la thyroïde, des troubles sanguins et des malformations a été observée par les médecins ukrainiens.
Selon l'Unicef, les "désordres sanitaires" ont globalement augmenté dans les trois pays : Russie, Ukraine et Biélorussie, de 43% pour les problèmes d'organes nerveux et sensoriels, et de 62% pour les désordres osseux, musculaires et ceux des tissus conjonctifs.
Et ce n’est pas terminé... Près de 9 millions de personnes continuent de vivre dans ces territoires durablement contaminés, dont certains pour des milliers d’années.
* Rapport du colloque "Health of liquidators 20 years after Chernobyl Explosion", 12 novembre 2005.
* Rapport : "L’héritage de Tchernobyl : impacts sanitaires, environnementaux et socio-économiques".
source : Greenpeace
22 avril 2006
Les faits
Vue du réacteur N°4, détruit, de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Après l'explosion, le feu et les fuites radioactives ont continué pendant 9 jours.
Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosait, provoquant l’une des pires catastrophes nucléaires de l’histoire. Un événement qui a malheureusement contredit tous les discours rassurants des experts nucléaires qui, à l’Est comme à l’Ouest, clamaient qu’un accident était impossible.
Cette catastrophe a aussi montré, n’en déplaise aux autorités françaises, que le nucléaire est bel et bien une menace planétaire, car le nuage radioactif a fait le tour du monde, contaminant de nombreuses régions bien au-delà des frontières de l’ex-URSS.
Accident de Tchernobyl = 100 bombes d’Hiroshima
Que s’est-il passé ?
L’accident majeur s’est produit au sein de l’unité 4 de la centrale électrique nucléaire de Tchernobyl en ex-URSS. L’équipe en place avait, ce jour-là, l’intention de vérifier si les turbines produisaient suffisamment d’électricité pour continuer à alimenter les pompes de refroidissement en cas de coupure de courant.
Lors de ce test, la puissance du réacteur devait être réduite à 75 % de sa capacité. Cette procédure ne se déroula pas comme prévu et le niveau tomba en dessous de 1 %. Les opérateurs ont donc décidé d’augmenter lentement la puissance. Mais au bout de 30 secondes, une hausse soudaine et inattendue d’électricité se produisit. Le système de fermeture d’urgence du réacteur (qui aurait dû interrompre une réaction en chaîne) ne se déclencha pas.
Les éléments du réacteur comportant du combustible éclatèrent, déclenchant une violente explosion. La couverture de protection de 2 000 tonnes qui recouvrait le bâtiment fut soufflée. Les barres de combustible se mirent à fondre, atteignant des températures de plus de 2 000 °C. Le graphite qui couvrait le réacteur s’enflamma. Il brûla pendant neuf jours, dégageant 12 x 1018 becquerels (1) de radiations rejetés dans l’environnement.
La ville abandonnée de Pripyat. Pripyat était la ville des ouvriers de Tchernobyl et de leurs familles (approximativement 50.000 personnes). C'est maintenant une ville fantôme. La centrale nucléaire de Tchernobyl est visible dans le fond.
L’évacuation des 45 000 habitants, dont 16 000 enfants, de la ville de Pripyat, située à 3 km de la centrale, ne débutera que le dimanche en début d’après-midi, donc 12 heures environ après l’accident. L’évacuation est présentée aux habitants comme nécessaire en raison d’une « situation radiologique défavorable », pour seulement 2 ou 3 jours. Personne ne se doutait alors que ce départ serait définitif.
La ville de Tchernobyl ne sera alertée que le lundi matin et évacuée le dimanche suivant.
Au total, ce sont un peu plus de 110 000 personnes qui durent abandonner leurs maisons et leurs villages.
Le travail des liquidateurs
Durant les premiers jours qui suivirent la catastrophe, des militaires à bord d’hélicoptères bouchèrent le trou béant du réacteur en lançant dessus du plomb et des sacs de sable.
Entre 1986 et 1991, 800 000 jeunes Soviétiques ont été envoyés sur les lieux de la catastrophe pour nettoyer le site. Ce sont les fameux liquidateurs, dont personne ne sait réellement ce qu'ils sont devenus. Ces hommes qui, insuffisamment protégés contre les radiations, ont néanmoins fait preuve d’un véritable héroïsme. Pour eux, les autorités vont se livrer à un coupable trucage : les taux d’irradiation mortels sont revus à la hausse. Ainsi, alors que le seuil mortel pour la durée d’une vie humaine était de 35 rems, le plafond passe soudainement à 70 rems.
Sans le travail de ces liquidateurs, les conséquences de l’accident de la centrale auraient été bien plus graves, aux alentours mais aussi dans toute l’Europe.
De plus, la décontamination du lieu était illusoire, dans la mesure où nul ne savait où transférer le terrain hautement contaminé.
Personne, en URSS comme dans le monde, n’avait envisagé un accident nucléaire…
Note:
1 - Unité de mesure de la radioactivité équivalent à une désintégration par seconde
source : Greenpeace






